Bien qu’elle ne soit pas légalement exigée, l’assurance de prêt immobilier est souvent requise par les institutions financières pour accorder un emprunt. L’objectif de cette assurance est de garantir le remboursement des mensualités en cas de défaillance de l’emprunteur.
Le montant des primes et les conditions du contrat dépendent du risque évalué par l'assureur, et parmi ces risques, le tabagisme joue un rôle significatif. Passons en revue les implications d'être gros fumeur sur l'assurance de prêt immobilier.
L'assurance de prêt immobilier en détail
Destinée à protéger le recours de crédit souscrit en cas d'incapacité de l'emprunteur, l’assurance de prêt inclut cinq garanties, dont les deux premières sont obligatoires.
- Décès: La couverture en cas de décès est la garantie essentielle, mais elle comporte des exclusions comme le suicide dans la première année ou la mort due à des actes criminels.
- Perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA): C’est la possibilité de ne plus pouvoir exercer une activité rémunérée pour des raisons physiques ou mentales. Cette garantie est incluse dans tous les contrats.
- Invalidité permanente totale ou partielle (IPT/IPP): Cette garantie couvre l'incapacité de travailler de manière totale ou partielle.
- Incapacité temporaire totale de travail (ITT): Elle concerne les périodes de non activité suite à une maladie ou un accident.
- Perte d'emploi: Elle s'applique principalement en cas de licenciement économique, avec de nombreuses exceptions.
Traditionnellement, les prêts sont accompagnés d'une assurance groupe, proposée par l'assureur partenaire de la banque, mais la loi Lagarde de 2010 a permis aux emprunteurs de choisir leur propre assurance, souvent plus adaptée à leurs besoins.
Gros fumeur : quel impact sur l'assurance emprunteur ?
Être gros fumeur est perçu par les assureurs comme un risque accru de non-paiement des mensualités. Cela se traduit par l'application d'une surprime, pouvant atteindre 70 % du coût de l'assurance. L'évaluation du risque se base sur l'âge de l'emprunteur et son degré de consommation de tabac. Considérant que l'assurance peut représenter jusqu'à 30 % du coût total d'un crédit, cette surprime peut alourdir la facture de manière significative.
Réduire l'impact des surprimes sur les fumeurs
Bien que les surprimes soient inévitables, plusieurs stratégies peuvent atténuer leur impact :
- Ajouter des garanties : Présenter des garanties supplémentaires, telles qu'une hypothèque, peut influencer favorablement l'estimation de la surprime.
- Stabilité de la situation financière : Avoir un emploi stable, avec des preuves d'ancienneté et de progression professionnelle, renforcera la perception de faibles risques par l'assureur.
- Adapter les garanties du contrat : Réviser les garanties pour diminuer le coût de l'assurance est une option viable.
- Recourir à un professionnel : Consulter un courtier en assurances pour négocier le meilleur taux est souvent bénéfique.
- Utiliser la convention AERAS : Cela limite les coûts liés aux surprimes pour des personnes présentant des risques de santé.
Enfin, bien qu'absence de questionnaire médical soit tentante pour omettre son tabagisme, cela peut être considéré comme de la fraude et entraîner de sérieuses conséquences des lors d'un sinistre. La loi protège les assureurs, qui peuvent vérifier la situation de l'assuré à tout moment.







