En 2018, 60% des retraités vont faire face à une augmentation de la CSG, malgré les promesses gouvernementales de compenser cette hausse par la suppression de la taxe d'habitation. Une enquête menée par l'hebdomadaire Pèlerin nous plonge dans la réalité des revenus des retraités.
Une diversité de revenus parmi les retraités
Un fait est certain : les retraités ne sont pas des privilégiés. Cela dénote une grande disparité parmi les 16,7 millions de retraités en France. Cette perception se renforce avec la décision du gouvernement de faire porter la responsabilité de la baisse du coût du travail sur un grand nombre de retraités, en augmentant la CSG. Cela pourrait donner l'impression qu'ils bénéficient de bénéfices dus à leurs années de plein-emploi, en comparaison avec la jeunesse actuelle. Pour éclaircir ce sujet, nous avons examiné les études existantes.
Les disparités selon les régimes et les années de cotisation
En 2015, la pension moyenne d'un retraité français s'élevait à 1 376€ brut (1 283€ net). Ces chiffres proviennent d'une enquête publiée par la Drees, le service statistique du ministère des Solidarités. Notons qu'environ un quart des retraités perçoit moins de 800€ par mois et près de 44% touchent moins de 1 200€. Ce chiffre ne prend en compte que les pensions directes, excluant les revenus complémentaires. L'Insee, quant à elle, évalue le niveau de vie mensuel moyen des retraités à 2049€, ce qui dépasse le revenu moyen des actifs. Entre les différentes professions, les échelles de pensions varient considérablement, avec des fonctionnaires d'État touchant en moyenne 2 280€, et les agriculteurs à seulement 600€.
Même si la pauvreté touche plus les jeunes, seulement 3,3% des retraités vivent sous le seuil de pauvreté, soit moins de 840€ par mois. Comparativement, 14,1% de la population générale est dans cette situation. De plus, la pauvreté semble diminuer parmi les personnes âgées, en partie grâce aux réformes sociales passées. Cependant, 20% des personnes éligibles n’accèdent pas à l’Aspa, ignorant leurs droits. Serge Guérin, sociologue, note que ceux qui ont longtemps cotisé devraient avoir de meilleures pensions que les jeunes, dont l'avenir peut être plus encourageant grâce à l'éducation.
Les retraités, piliers d'une société intergénérationnelle
Les retraités d'aujourd'hui, souvent appelés « génération pivot », confrontés à des réalités familiales complexes, consacrent beaucoup de ressources à soutenir leurs enfants et petits-enfants. Ce phénomène est en forte croissance en France. Les témoignages lors des manifestations contre l'augmentation de la CSG illustrent bien cet engagement familial. Pour certains, comme Dominique, 70 ans, il est impensable de ne pas soutenir leur famille financièrement lors de crises. Serge Guérin souligne que la pauvreté doit être perçue comme un enjeu social, détaché d'une lutte intergénérationnelle. Les retraités apportent aussi un soutien moral précieux à leurs proches. Cette dynamique familiale prouve que les retraités jouent un rôle essentiel dans l'équilibre sociétal, loin de l'image de nantis souvent véhiculée.







