La cuisine qui fait sourire
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Il n'y a rien de tel qu'un voyage pour aiguiser les papilles. Pensez à réserver votre place quinze jours à l'avance. Prenez les trains régionaux et préparez-vous à partager l'espace avec des lycéens débordant d'énergie, jurant et s'amusant dans le premier compartiment. Mais une fois en route, la beauté des paysages vous attend. Le soleil peine à se lever, tandis que les brumes embrassent délicatement les vignobles de Bourgogne, alignés comme des danseurs figés dans le temps. Un moment de paix avant le tumulte.
Bienvenue à Tournus. Ce nom résonne comme une promesse. Arrêt de deux minutes dans une ville célèbre pour son abbaye romane, Tournus est aussi le foyer d'un chef mémorable, Jean Ducloux, dont le talent mérite des hommages. Avec sa cuisine audacieuse, il proposait des plats raffinés comme des entrecôtes de veau et des pâtés en croûte, le tout accompagné de verres de morey-saint-denis. Bien qu'il ait vendu son établissement, son héritage reste vivant dans le cœur des gourmands.
La ville, peuplée de 6 231 âmes, n'a pas de taxi à la gare, mais elle compense avec une multitude de restaurants et d'hôtels. Parmi eux, Les Terrasses au 18, avenue du 23 janvier, se distingue par son ambiance contemporaine. Fort de ses deux étoiles et des chambres à partir de 60 euros, cet établissement mérite le détour. Jean-Michel Carrette, le fils du chef décédé, a repris les rênes après une perte douloureuse pour la communauté culinaire. À son retour, il apporte une touche moderne et audacieuse qui respecte les fondamentaux de la cuisine.
Le repas commence avec un pigeon rôti accompagnés d'ail et de girolles poêlées. Pourtant, une erreur s'est glissée au dessert, où un milk-shake à la banane s'est avéré décevant. Malgré cela, l'expérience globale reste agréable et sensée. Grâce à une équipe familiale dévouée, chaque détail est soigné. Ce renouveau culinaire, frais et déterminé, a su triompher des tendances éphémères pour offrir des plats gourmands à prix résonnants : menus à 40 euros et entrées à moins de 10 euros. Une cuisine chaleureuse, loin des codes ennuyeux des palaces, qui rappelle à chacun pourquoi la gastronomie reste un partage de bonheur.







