Les villageois de La Douze, en Dordogne, ont été réveillés mercredi 3 juin par le bruit des engins de chantier, mais la discussion ne tournait pas seulement autour des travaux en cours sur le réseau d'eau potable. Pour eux, une toute autre question prévalait : celle de la disparition de Didier Seignole, survenue le 27 janvier 1994.

« Ça va durer encore longtemps ? » s’interrogeait un habitant, Denis, automobiliste régulier de la départementale 710. « Est-ce que c'est pour le disparu ? », lance-t-il, conscient que ce tragique mystère plane toujours sur le village. Ce que peu de gens savaient jusqu'à récemment, c'était que trois personnes avaient été placées en garde à vue à Périgueux dans le cadre de l’enquête. Une avancée significative, comme l’a rapporté Sud Ouest.

Cette enquête, longtemps froide, refait surface grâce à l'impulsion du pôle cold case du tribunal de Nanterre, qui utilise aujourd'hui des techniques que les enquêteurs de l'époque n'avaient pas. « Trente-deux ans après, c’est impressionnant », note François, un nouvel arrivant dans le village. Depuis qu’il a entendu parler de l’affaire en janvier, il suit de près les développements.

Les témoignages des villageois reflètent un profond respect pour la famille Seignole, une vieille lignée de La Douze. « Tout le monde a de l’empathie pour eux, la tristesse demeure palpable », explique Sylvie, la secrétaire de mairie, qui se souvient de Didier comme d’un jeune homme calme et apprécié. Fabrice, un ancien joueur de football ayant côtoyé Didier, espère une résolution : « J’aimerais qu’on retrouve son corps pour permettre un véritable deuil à sa famille. »

Un appel à la vérité

Denise, une habituée de la boucherie-charcuterie locale, ajoute : « Il faut mettre fin à ce mystère. » Bernard, un autre habitant, évoque les secrets dormants depuis des décennies : « Des gens savent des choses et je pense qu’ils devraient finalement parler. » L'espoir est palpable dans les discussions, un sentiment partagé par beaucoup depuis la relance de l'enquête.

Suite à l'offensive de la justice, la nouvelle maire, Sylvie Magnanou, a demandé à la communauté de laisser faire la justice. « Nous ne sommes pas là pour interpréter les choses », insiste-t-elle, soulignant le besoin de respect pour toutes les familles concernées. Un souhait partagé par tout le village, qui attend avec impatience l'issue d'une histoire ancienne, mais toujours douloureuse.