En dépit du principe d'égalité en matière d'héritage, une réalité persistante montre que les femmes reçoivent souvent moins que leurs homologues masculins, particulièrement en ce qui concerne les biens immobiliers. De nombreuses familles continuent de privilégier les fils pour l'héritage de la maison familiale, tandis que les filles se retrouvent souvent avec une part en espèces ou en usufruit.
Un constat alarmant
Selon les notaires en France, les hommes sont héritiers universels dans 58 % des cas, alors que ce chiffre ne s'élève qu'à 42 % pour les femmes. Des études de l'Insee ont révélé un écart de patrimoine de 16 % entre les sexes, écart qui a augmenté de six points depuis 1998. Les femmes héritent en moyenne de 20 % de moins que les hommes, et 52 % d'entre elles se contentent d'un usufruit, leur permettant d'utiliser un bien sans possibilité de le vendre. Les hommes, en revanche, bénéficient plus souvent de donations anticipées.
Traditions et stéréotypes en jeu
Cette inégalité est profondément enracinée dans des stéréotypes de genre. Les fils sont perçus comme les responsables de l'héritage familial, souvent considérés comme capables de faire prospérer le patrimoine. Une enquête Odoxa de 2020 a révélé que 58 % des femmes se sentent mal informées sur les questions de succession, un pourcentage supérieur à celui des hommes (47 %). Ce manque d’information participe aux inégalités observées.
En parallèle, les inégalités économiques subies par les femmes, telles que l'écart salarial, limitent également leur capacité à acquérir un patrimoine de leur vivant. Cela impacte leur autonomie et leur sécurité financière, les rendant plus vulnérables en période de crise personnelle, qu'il s'agisse d'un divorce, du décès d'un conjoint ou de l'entrée en retraite.







