vente réelle ou donation déguisée ?
Lorsqu'un enfant rachète l'entreprise familiale, l'opération est normalement considérée comme une vente. Si le prix a bien été payé et que la somme figure dans l'actif des parents (ou a été consommée), rien n'est automatiquement repris au moment de la succession : la cession a alors déjà produit ses effets.
Cependant, le droit civil admet une autre hypothèse : si la cession a été conclue à un prix manifestement dérisoire, elle peut être requalifiée en donation déguisée. Dans ce cas, la valeur actuelle du bien pourrait être réintégrée dans l'actif successoral afin d'assurer l'égalité entre héritiers.
conséquences possibles en cas de requalification
Si une vente est requalifiée en donation déguisée, plusieurs conséquences peuvent suivre : la valeur du bien (ou la différence entre prix payé et valeur réelle) peut être rapportée à la succession, ce qui modifie la part de chacun des héritiers. Par ailleurs, des ajustements fiscaux ou des rectifications peuvent être envisagés selon la situation patrimoniale et fiscale à l'époque de l'opération.
La possibilité d'obtenir cette requalification dépendra des éléments de preuve : circonstances de l'opération, valorisation à la date de la vente, motivations et comportement des parties, et existence de justificatifs attestant du paiement effectif du prix.
comment procéder pour vérifier et agir ?
Avant toute démarche contentieuse, il est utile de rassembler les documents et éléments factuels permettant d'apprécier la nature réelle de l'opération :
- acte de vente et dates (notarié ou sous seing privé) ;
- preuves du paiement (relevés bancaires, quittances, écritures comptables) ;
- évaluations ou bilans de l'entreprise à la date du rachat et aujourd'hui ;
- correspondances ou conventions entre les parents et la sœur au moment de la cession.
Si ces éléments laissent penser que le prix était anormalement bas, il convient de consulter un notaire ou un avocat spécialisé en droit des successions. Ils pourront examiner la situation précise, estimer les chances d'obtenir une requalification et vous orienter vers les actions possibles auprès du juge ou via une négociation amiable entre héritiers.
Enfin, gardez à l'esprit que le simple fait qu'un rachat ait eu lieu il y a plusieurs décennies rend parfois l'exercice de la preuve plus difficile ; c'est pourquoi une analyse rigoureuse des pièces et des circonstances est essentielle.







