L'entreprise Bull, spécialisée dans la conception de supercalculateurs, a officiellement annoncé le vendredi 6 octobre son projet d'embaucher 500 nouvelles personnes d'ici 2026, la plupart en Europe. Cette initiative fait suite à son rachat par l'État français et à sa séparation du groupe Atos.
Ces recrutements visent à "accélérer nos programmes d'innovation" ainsi que les priorités stratégiques en matière de calcul haute performance et d'intelligence artificielle (IA). Actuellement, Bull compte près de 3 000 salariés, dont environ 50 % se trouvent en France, a souligné la direction lors d'une conférence de presse.
Les nouveaux employés rechercheront principalement des ingénieurs, mais aussi des experts dans les fonctions support et les équipes commerciales. Les recrutements seront majoritairement réalisés en Europe, afin de soutenir la croissance de l'entreprise dans un marché technologique en pleine mutation.
« Nous avons signé plusieurs contrats d'envergure, et il est essentiel d'avoir les ressources nécessaires pour mettre ces projets en œuvre », a déclaré Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, soulignant l'importance de cette expansion.
Le coût total des nouvelles embauches est estimé à environ 50 millions d'euros, un investissement stratégique pour l'entreprise.
Bull, qui était intégré au groupe Atos, se spécialise dans la conception de systèmes de calcul de haute performance (HPC) et de calcul quantique, domaines essentiels pour la défense et la recherche scientifique en France.
Récemment, les équipes de Bull ont conçu Jupiter, le premier supercalculateur "exascale" d'Europe, capable d'effectuer plus d'un milliard de milliards de calculs par seconde. L'appareil a été mis en service en septembre dernier en Allemagne.
La restructuration de Bull a été finalisée ce mardi, suite à une offre de rachat effectuée en juin. Roland Lescure, ministre français de l'Économie, a salué cette fusion comme une "étape décisive pour la souveraineté technologique de la France".
Désormais, l'unique actionnaire de Bull est l'État français, via l'Agence des participations de l'État (APE). Valorisé à hauteur de 404 millions d'euros selon un communiqué du groupe Atos, Bull a réalisé un chiffre d'affaires de 720 millions d'euros en 2025, indiquant une santé financière solide.
En parallèle de ces annonces, l'entreprise prévoit également d'agrandir son site de production à Angers, où est assemblé Alice Recoque, le supercalculateur français le plus puissant. Ce projet, réalisé en collaboration avec des partenaires comme le groupe américain AMD, se déploiera en deux phases, avec des livraisons prévues pour fin 2026 et mi-2027.







