Le prix du pétrole se maintient ce lundi autour de 110 dollars le baril, face à l'escalade des tensions au Moyen-Orient où Donald Trump menace d'attaquer des infrastructures iraniennes vitales. Les marchés surveillent également les perspectives de négociations potentielles.
Sur le marché, le baril de WTI (référence américaine) pour livraison en mai enregistrait une légère baisse de 0,57% à 110,90 dollars, tandis que le Brent (référence mondiale), pour livraison en juin, montait de 0,46% à 109,53 dollars vers 07H30 GMT.
Après avoir atteint temporairement 115,48 dollars pour le WTI et 111,89 dollars pour le Brent au début des échanges, les prix se rapprochent des sommets vus depuis l'engagement militaire des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, quand ils avaient frôlé les 120 dollars.
Dimanche, Trump a renouvelé ses menaces de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, exigeant l'ouverture du détroit d'Ormuz d'ici ce mardi, créant ainsi une incertitude palpable sur les marchés. Lloyd Chan, analyste de la banque MUFG, souligne que "la rhétorique belliqueuse maintient un climat de risques élevés, sans perspective de désescalade crédible".
En dépit de ces tensions, Trump a également annoncé qu'il existe de "bonnes chances" d'atteindre un accord avec l'Iran, tout en gardant ouverte la possibilité d'un déploiement militaire. Le média Axios, citant des sources proches des pourparlers, affirme que des discussions sont en cours entre les États-Unis, l'Iran et des intermédiaires régionaux concernant une trêve de 45 jours pouvant mener à un cessez-le-feu durable, bien que les perspectives restent sombres.
Ces nouvelles ont semblé apaiser quelque peu les investisseurs, ce qui a entraîné une légère modération des prix du baril. "Le marché a intégré cette éventualité, mais sans véritable conviction", note Stephen Innes de SPI Asset Management. En effet, bien que les indices boursiers asiatiques aient affiché une légère hausse, leurs mouvements demeurent encadrés par la prise de conscience que la probabilité d'accord est faible.
Le détroit d'Ormuz, qui concerne environ 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz, est en grande partie fermé depuis le début des hostilités, perturbant les flux de pétrole et de gaz depuis plus d'un mois, ce qui a entraîné une hausse des prix de l'essence et du diesel dans de nombreux pays. Aux États-Unis, les prix de détail flirtent avec les records historiques atteints lors de l'invasion de l'Ukraine en juin 2022.
En ce jour de Pâques, où de nombreuses Bourses asiatiques sont fermées en raison de la célébration chinoise de Qingming, la Bourse de Tokyo a enregistré une hausse ; l'indice Nikkei a gagné 0,54% à 53.413,68 points, tandis que l'indice élargi Topix est resté stable à 0,62% à 3.644,80 points. À Séoul, l'indice Kospi a progressé de 1,36%.
Les échanges maritimes japonais dans le détroit d'Ormuz ont légèrement atténué les inquiétudes concernant les chaînes d'approvisionnement, commente Tokai Tokyo Intelligence. L'information d'Axios sur les négociations en cours a également renforcé la confiance des marchés.
Parallèlement, le dollar a perdu 0,2% face au yen, à 159,36 yens pour un dollar. L'or a aussi enregistré une légère reprise, gagnant 0,23% à 4.687 dollars l'once, tentant de se redresser après une chute significative. Les banques centrales mettent en garde contre un possible retour de l'inflation, ce qui pourrait entraîner de nouvelles hausses de taux, susceptibles de peser sur l'or, un investissement traditionnellement considéré comme refuge mais sans rendement d'intérêts.







