Une réforme des titres-restaurant qui favorise la grande distribution

La réforme des titres-restaurant suscite des craintes chez les restaurateurs franciliens.
Une réforme des titres-restaurant qui favorise la grande distribution
L'Umih Île-de-France s'inquiète du projet de loi annoncé par le gouvernement concernant les titres-restaurant (photo d'illustration). © Maxppp - PHOTOPQR/LE PARISIEN/Delphine Goldsztejn (Staff)

Le gouvernement a récemment annoncé que "tous les salariés pourront utiliser" leurs titres-restaurant le dimanche, une nouvelle qui alerte l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) en Île-de-France. Frank Delvau, son président, s'exprime sur cette mesure lors d'une interview sur France Info, où il dénonce une situation inacceptable pour les restaurateurs, craignant que la mise en œuvre de cette réforme ne privilégie indûment les supermarchés.

Un projet de loi se prépare, promettant une utilisation élargie des titres-restaurant dans les commerces alimentaires, mais Delvau souligne que 45 % de ces bons sont déjà dépensés dans des supermarchés, un chiffre en constante progression, tandis que celui des restaurants décline. Il déclare : "On privilégie la grande distribution vis-à-vis des restaurateurs". Ce dernier point est renforcé par une étude de France Bleu, qui a rapporté des chiffres inquiétants concernant la rentabilité des établissements traditionnels.

Des restaurateurs inquiets pour l'avenir

Delvau n'hésite pas à alerter sur une réalité tragique : « Il y a 25 restaurants qui ferment par jour ». Bien qu’il admette que les temps sont durs à cause de l'inflation, il appelle le gouvernement à envisager la création d'un "titre inflation", distinct des titres-restaurants. Il propose un plafonnement différencié des utilisations : "25 euros pour les restaurants et 15 euros pour les supermarchés", pour encourager les Français à privilégier les établissements de restauration.

De plus, Delvau dénonce les commissions que les restaurateurs doivent payer pour accepter ces titres. Alors que les cartes bancaires entraînent une commission de 0,5 %, l'utilisation des titres-restaurant impose des frais de 4 %. Cette inéquité, estime-t-il, pourrait largement composter l'avenir des petits restaurants, déjà mis à mal par les grandes chaînes de fast-food.

Pour conclure, Frank Delvau appelle à des mesures diversifiées en matière de charges sociales pour les métiers de service, avertissant que sans intervention du gouvernement, le secteur pourrait se transformer en "terrain de jeu" pour les grands groupes de la restauration rapide. L'avenir des restaurateurs traditionnels dépendra donc des prochaines décisions gouvernementales.

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