La fermeture du détroit d’Ormuz suscite de vives inquiétudes quant aux conséquences sur le secteur aérien. Dans une récente interview du 16 avril 2026, Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a révélé que l’Europe ne disposerait plus que de six semaines de réserves de kérosène, menaçant ainsi des annulations de vols.
Birol a qualifié cette situation de "plus grande crise énergétique" de l’histoire moderne. L’échec des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran a renforcé le blocage du détroit d’Ormuz, plongeant le marché de l’énergie dans une zone d’incertitude dangereuse. Cette crise a d’ores et déjà engendré des effets en cascade au sein de plusieurs secteurs, avec l’aviation en première ligne.
Dans son entretien avec Associated Press, Birol a précisé que si les approvisionnements en pétrole demeurent bloqués, des annulations de vols pourraient survenir "bientôt". Son message est clair : les compagnies aériennes doivent se préparer aux conséquences de cette crise.
Des vols annulés en raison du manque de kérosène
Le directeur de l’AIE a averti d’une potentialité d’augmentation des prix du carburant, du gaz et de l’électricité, avec des répercussions inégales selon les régions. "Les pays asiatiques, tels que le Japon, la Corée, l’Inde, la Chine, le Pakistan et le Bangladesh, sont particulièrement à risque, suivis de près par l’Europe et les Amériques", a-t-il souligné.
La situation dans le détroit d’Ormuz étant bloquée, Birol prédit que certaines liaisons aériennes entre des villes pourraient dès lors être annulées à cause d’un manque de kérosène.
Pas de pénuries à l’heure actuelle
Pourtant, du côté de la Commission européenne, on souhaite rassurer la population. Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de la Commission, a déclaré le 16 avril que "l’Union européenne ne fait actuellement pas face à des pénuries de carburants". Toutefois, elle a mis en garde contre des risques d’approvisionnement à venir, en particulier pour les carburants d’avions.
En parallèle, l’armée américaine a annoncé le 13 avril qu’elle imposait un blocus maritime englobant tous les ports iraniens, y compris le détroit d’Ormuz. Cette mesure fait suite à l’échec des négociations entre Téhéran et Washington. Les répercussions de cette décision sont sévères, avec des mesures de restriction mises en place par l’Iran sur la navigation.
Enfin, même si un accord de paix était trouvé, Kristalina Georgieva, cheffe du FMI, prévient que la normale ne reviendra pas de sitôt. "Les perturbations ne disparaîtront pas immédiatement, même si les conflits cessent demain, car le transport maritime exige du temps", a-t-elle indiqué, soulignant que le processus de rétablissement prendrait minimum un mois.







