Le tribunal des affaires économiques de Lyon se prononce ce lundi sur le sort de Polytechnyl, entreprise chimique placée en redressement judiciaire depuis janvier. L’unique offre de reprise ne permettrait de conserver que 72 des 550 emplois menacés. Les syndicats réclament une liquidation totale.
Quel avenir pour les employés de Polytechnyl ? Ce lundi, la justice commerciale délibère sur la seule offre de reprise formulée pour cette entreprise spécialisée dans la production de plastiques techniques, utilisée dans l'automobile, le textile et l'électronique. L'entreprise est implantée à Saint-Fons, près de Lyon, et à Valence.
Depuis son placement en redressement judiciaire, Polytechnyl ne compte qu’un seul candidat à la reprise : le fonds d’investissement américain Lone Star, qui propose de conserver un maigre effectif de 72 salariés, uniquement sur le site de Saint-Fons.
« On préférerait la liquidation »
Le tribunal doit décider ce jour : accepter l’offre de Lone Star ou ordonner une liquidation judiciaire. Jean-Claude Garcia, président de la CFE-CGC Chimie Dauphiné-Savoie, souligne : « Nous préférerions la liquidation à cette offre qui est lamentable. » Selon Garcia, la proposition de Lone Star, qui ne concerne que les brevets et certaines activités, serait insuffisante.
L’investissement prévu de 10 millions d’euros est jugé dérisoire, surtout lorsque l’on sait que les stocks de matières premières valent près de 17 millions d’euros. Le fonds propose, en outre, une enveloppe de 700 euros par salarié pour compenser la perte de leur emploi, une offre qualifiée d’« insultante » par les syndicats.
Un appel à l'aide à l'État
Les syndicats tirent également la sonnette d'alarme quant à l’impact sur une centaine de postes dans les entreprises sous-traitantes, comme la manutention et le restaurant d’entreprise. L’intersyndicale a sollicité plusieurs fois l'État, notamment des représentants de Bercy, pour obtenir un délai et une aide financière. Toutefois, leurs demandes n’ont pas trouvé écho.
La crise qui touche le secteur chimique en Europe, exacerbée par la hausse des coûts énergétiques, la baisse de la demande et la forte concurrence internationale, a des répercussions dramatiques sur Polytechnyl. Plusieurs entreprises, comme Kem One et Vencorex, ont récemment connu des difficultés similaires.
Jean-Claude Garcia accuse également le géant BASF d’avoir contribué aux difficultés de Polytechnyl en pratiquant des tarifs impraticables sur les matières premières essentielles.
Depuis le printemps 2025, 130 postes ont déjà été supprimés, réduisant l'effectif à environ 450 salariés à Saint-Fons et 90 à Valence. La production de Polytechnyl est omniprésente, des tenues militaires aux équipements sportifs de grandes marques.







