Stellantis, constructeur automobile italo-franco-américain, a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de partenariats en annonçant un protocole d'accord avec le groupe chinois Dongfeng. Ce partenariat prévoit la distribution de voitures électriques en Europe et leur production dans l'usine de Rennes, située dans l'ouest de la France.
À travers ce protocole, une coentreprise détenue à 51% par Stellantis et à 49% par Dongfeng sera chargée de la distribution de la marque premium Voyah sur des marchés européens ciblés. En outre, l'usine de La Janais à Rennes sera consacrée à la fabrication de véhicules électriques ou hybrides de Dongfeng. Cela permettrait aux modèles destinés à l'Europe d'échapper aux taxes sur les véhicules électriques chinois importés.
L'usine historique, inaugurée en 1961, a connu une sous-activité ces dernières années, produisant principalement le SUV C5 Aircross de Citroën. Avec environ 2000 salariés, elle affichait autrefois 12 000 employés dans les années 1980. La confirmation de ce partenariat pourrait offrir une visibilité prolongée au site, selon un porte-parole de Stellantis. "C'est une formidable opportunité pour le site," a déclaré Guillaume Olivari, directeur du site.
Pour le syndicat CFTC, une production d'un nouveau véhicule est attendue d'ici 2028. Cependant, des préoccupations persistent autour de la protection des contrats de travail et la sous-traitance dans le cadre de ce projet. Pour Laurent Valy, délégué syndical CFDT, il est crucial d'assurer la pérennité de l'usine.
"La majorité de la coentreprise restant à Stellantis est rassurante, attestant que le site ne sera pas vendu," a rapporté Nadine Cormier de FO. Alors que certains syndicats, tels que la CGT et la CFE-CGC, appellent à un plan d'embauche ambitieux pour garantir la souveraineté de l'industrie française, d'autres voix, comme celle de Christophe Dauvergne, soulignent l'importance de maintenir des emplois pérennes.
Ce partenariat vient aussi à un moment délicat pour Stellantis, qui a enregistré plus de 20 milliards d'euros de pertes en 2025. Alors que la société peine à regagner des parts de marché, elle dévoilera bientôt un plan stratégique axé sur ces partenariats chinois comme levier de croissance.
Les analystes notent que d’autres constructeurs, comme Volkswagen, pourraient être tentés d'adopter des stratégies similaires. Cependant, certains experts, comme Bernard Jullien de l’Université de Bordeaux, s'interrogent sur la viabilité à long terme de ces solutions, mettant en avant les risques liés à la vente de modèles premium qui pourraient ne pas trouver preneurs en Europe. "Ces partenariats ont du sens," nuance Gianmarco Guadalupi d'Efeso Management Consultants, arguant qu'ils pourraient effectivement permettre à Stellantis d'accroître sa part de marché et ses bénéfices.







