Les compagnies aériennes s'attendent à une hausse des passagers à plus de 5 milliards pour 2026, mais les bénéfices pourraient littéralement s'effondrer. En effet, malgré des tarifs qui ne dissuadent pas totalement les voyageurs, le prix du kérosène pèse lourdement sur les résultats financiers, comme l'affirme l'Association internationale du transport aérien (IATA).
Lors du congrès à Rio de Janeiro, l'IATA a révélé que ses membres, qui assurent la majorité des vols mondiaux, prévoient de transporter environ 5,1 milliards de passagers, soit une croissance de 2,4 % par rapport à 2025. Ce chiffre représente une amélioration significative, puisque le cap des 4 milliards avait été franchi en 2023.
Dans une intervention à la presse, Willie Walsh, directeur général de l'IATA, a mis en lumière le contraste entre les actualités du Moyen-Orient et la crise due à la pandémie de Covid-19. Il a expliqué : "Je ne considère pas cela comme une crise. Nous avons un secteur qui aspire à croître, et si nous ignorons l'impact de la guerre au Moyen-Orient, notre objectif de croissance est de 3,5 %".
Des bénéfices en chute libre
Cependant, cette dynamique positive s'accompagnera d'une réduction significative des bénéfices. Les prévisions tablent sur un bénéfice net de 23 milliards de dollars pour cette année, un chiffre qui est la moitié de celui prévu pour 2025, soit 45 milliards. De plus, les marges bénéficiaires devraient passer de 4,2 % à seulement 2,0 %.
Selon l'IATA, le bénéfice net par passager sera de 4,50 dollars, une somme insuffisante pour couvrir les coûts alimentaires dans des événements internationaux tels que la Coupe du Monde. Walsh a souligné la résilience des compagnies aériennes face à cette pression, mais a ajouté qu'une rentabilité si faible n'offre aucune sécurité si d'autres coûts devaient également augmenter.
Une année difficile pour le Moyen-Orient
Avec la flambée des prix du carburant, que les compagnies doivent en partie répercuter sur les passagers, le chiffre d'affaires des membres de l'IATA pourrait connaître une augmentation de 9 % à 1 165 milliards de dollars cette année. Les compagnies aériennes absorbent une grande partie de cette hausse, bien qu'elles soient contraintes d'augmenter les tarifs.
Les compagnies du Moyen-Orient, traditionnellement favorisées par un accès facile au kérosène, seront paradoxalement parmi les plus impactées. Leur marge nette, qui était la plus élevée au monde en 2025 (9,4 %), est prévue pour se transformer en une perte de -6,1 % en 2026. Des compagnies emblématiques telles qu'Emirates et Qatar Airways devront restructurer leurs stratégies de prix pour espérer un retour à la profitabilité.
Par ailleurs, les analystes s'accordent à dire que l'Europe pourrait connaître une période plus favorable avec une marge nette estimée à 3,1 %, suivie par l'Amérique du Nord (2,5 %) et l'Asie-Pacifique (2,1 %). Malgré les incertitudes géopolitiques persistantes, l'IATA se montre optimiste quant à la demande actuelle, soulignant une baisse de 26 % des prix des billets au cours de la dernière décennie.







