Le bilan annuel de la fraude à la sécurité sociale en Vienne, présenté par la directrice de la CPAM, met en lumière les profils des fraudeurs.
La fraude demeure une préoccupation majeure pour la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Vienne. Chaque année, la CPAM fait ses comptes et annonce les pertes liées à ces pratiques illégales.
Pour l'année 2025, le montant total des fraudes évitées et détectées s'élève à 3,7 millions d'euros, avec une répartition de 2,5 millions d'euros dans les fraudes évitées et 1,2 million d'euros dans les fraudes détectées. Ce chiffre représente une augmentation de 35 % par rapport à 2024, où les pertes s'élevaient à 2,8 millions d'euros. "Nous sommes de plus en plus efficaces dans la détection de ces fraudes", a souligné Sylvie Landriau, directrice de la CPAM de la Vienne, tout en précisant que les marges de manœuvre des fraudeurs sont également en constante évolution.
Des professionnels de santé en première ligne
Pour améliorer la détection, des programmes nationaux ont été adoptés et appliqués localement. La CPAM de la Vienne bénéficie également du soutien du Pôle interrégional d’enquêteurs judiciaires (Piej) de La Rochelle, qui se spécialise dans l’analyse des réseaux sociaux. Mais quelles sont les catégories de fraudeurs ?
La réponse est fournie par Laurence Suchon, directrice comptable et financière de la CPAM. "85,5 % des fraudes proviennent de professionnels de santé libéraux, tandis que 9,4 % concernent les assurés sociaux, 5 % les établissements de santé, et seulement 0,1 % les employeurs", précise-t-elle.
Les centres de santé, notamment ceux spécialisés en ophtalmologie et dentisterie, sont pointés du doigt comme étant les plus frauduleux, affichant des montants frauduleux s'élevant à 2 millions d'euros. D'autres acteurs tels que les transporteurs sanitaires, qui surfacturent leurs frais, et les pharmaciens, souvent mêlés à des renouvellements non conformes,sont également surveillés de près.
Les infirmiers et infirmières ne sont pas exempts de fraudes, avec des demandes d'indemnités kilométriques souvent injustifiées. Les audioprothésistes, quant à eux, commencent à faire face à des lenteurs administratives et des régulations renforcées.
Pour lutter contre les abus liés aux arrêts de travail, la CPAM a mis en place des critères plus stricts depuis juin 2025. La sélection des dossiers pour les arrêts de longue durée sera désormais ciblée après 140 jours, plutôt qu'au bout de six mois.", a déclaré Sylvie Landriau. Les petits arrêts de travail, en revanche, sont en constante augmentation parmi les jeunes âgés de 20 à 25 ans, ce qui suscite des préoccupations quant à la perception de l'Assurance maladie dans la société actuelle. Selon Laurence Suchon, "la notion d'assurance maladie semble perdre de son sens dans cette tranche d'âge."







