Le géant français des services environnementaux, Suez, a réussi à décrocher un des plus importants contrats de son histoire en Oman, marquant ainsi un tournant dans sa stratégie d'internationalisation, un an après la nomination de Xavier Girre comme directeur général.
Ce contrat, évalué à 2 milliards d'euros sur une durée de 15 ans, a été officialisé lundi.
Il concerne la gestion et la maintenance des systèmes d'eau potable et d'assainissement dans la capitale Mascate, ainsi que dans les gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sud. Ce projet figure parmi les trois plus importants de l'historique de Suez, selon Xavier Girre, lors d'un entretien avec l'AFP.
Pour le dirigeant, ce contrat représente une véritable révolution dans le développement du groupe au Moyen-Orient. « Il s'inscrit parfaitement dans notre stratégie axée sur la croissance internationale et les segments à forte valeur ajoutée, tels que la gestion des déchets dangereux », a-t-il déclaré.
José Cheurlin, en charge de la région Moyen-Orient et Asie centrale pour Suez, a affirmé que « notre expertise et notre connaissance du marché ont été déterminantes » pour la réussite de cette négociation, qui a débuté en 2017.
La volonté de Suez d'étendre ses opérations à l'international est accentuée par plusieurs nouveaux contrats signés récemment, y compris un projet d'approvisionnement en eau potable pour la ville indienne de Salem, dans l'État du Tamil Nadu, d'une valeur de 456 millions d'euros sur 25 ans.
Actuellement, Suez réalise 56% de son chiffre d'affaires en France et 44% à l’international. Girre prévoit une transformation significative de cette répartition, notamment par un développement accru à l'étranger.
Le contrat a été signé lors de la visite d'État en France du sultan d'Oman, Haitham bin Tarik, et avec l'accord de la NAMA Water Services, l'agence nationale en charge de l'eau au Sultanat, qui opérait jusqu'ici en direct. Le projet servira 2,3 millions de personnes, soit 43% de la population omanaise, selon le communiqué de Suez.
Suez a déjà une forte présence au Moyen-Orient, notamment à Oman, en Arabie Saoudite, au Qatar et aux Émirats, mais ce contrat représente une avancée notoire dans la région.
Dans un contexte de rareté de l'eau, Suez sera chargé d'exploiter et de maintenir 240 puits et un réseau de 10 700 km de canalisations pour fournir 470 000 mètres cubes d'eau potable quotidiennement. De plus, le contrat inclut la modernisation de quatre usines de dessalement d'eau de mer.
La gestion des eaux usées sera également au cœur des préoccupations : Suez supervisera 22 stations d'épuration et devra garantir la réutilisation des eaux traitées.
Ce “contrat de performance” est régi par 33 indicateurs clés de durabilité et de qualité, dont la rémunération de Suez sera conditionnée par l'atteinte des objectifs. Des projets ambitieux incluent la réduction des fuites de 34% à 11% d'ici 2040 et l'assurance d'une fourniture continue d'eau.
Pour mettre en œuvre ce projet d'envergure, Suez mobilisera 24 experts internationaux avec 100 spécialistes locaux, en partenariat avec la National Trading Company et le National Energy Center. Girre a affirmé que d'ici quelques années, plus de 83% des effectifs seront omanais, soulignant l'importance d'intégrer la population locale dans ce projet majeur.







