Xavier Horent, délégué général de Mobilians, réagit à la récente décision de la Commission européenne de repousser l'interdiction des moteurs thermiques, initialement prévue pour 2035. Selon lui, cette réévaluation des objectifs d'émission de CO2 pourrait offrir une lueur d'espoir à l'industrie automobile française, mais ce n’est pas sans défis.
La communication de la Commission semble habile, insinuant un abandon des objectifs de 2035, alors qu'il s'agit d'une simple proposition en cours d'examen par le Parlement. Horent avertit que la navigation à travers ce processus pourrait s'avérer lente et confuse, alors que la compétition avec les géants chinois de l'automobile devient chaque jour plus pressante. En effet, des entreprises comme BYD comptent déjà des milliers d'ingénieurs et dominent le marché mondial avec des millions de ventes de véhicules électriques.
Pour Horent, le changement d'orientation vers une réduction de 90 % des émissions de CO2 sonne comme une mesure pragmatique, mais il met en lumière une ouverture restreinte, accompagnée de défis complexes à surmonter. Avec 40 000 emplois perdus depuis 2020 dans le secteur français, et des prévisions alarmantes pour l'avenir, cette évolution pourrait être ressentie comme une opportunité pour réaligner les ambitions écologiques avec la compétitivité industrielle.
Les craintes d'un ralentissement de la transition vers des véhicules électriques sont palpables, surtout alors que les marques chinoises prennent de l’ampleur sur le marché européen. Horent souligne spécifiquement : "Quand un mur se rapproche à grande vitesse, il est judicieux de freiner plutôt que d'avancer en masse. Nous ne pouvons ignorer que notre part de marché pour les véhicules électriques reste faible, et s'attaquer uniquement à la question du tout-électrique sans flexibilité pourrait se révéler désastreux." Il rappelle également que l'Europe est en déficit commercial face à la Chine dans le secteur automobile, un signal alarmant pour le futur de l’industrie.
Les avis sont partagés quant aux effets de cette décision sur l'industrie automobile européenne. Une réponse mitigée d'entreprises tant françaises qu'allemandes montre un fossé grandissant entre les attentes de Bruxelles et la réalité du terrain. Certains analystes, comme ceux rapportés par Les Échos, soulignent que la Commission européenne, en mettant l'idéologie avant l'innovation, risque d'alourdir la réglementation, nuisant ainsi aux efforts de relance.
Bruxelles est perçue comme adoptant une vision à court terme. "Nous devons abandonner cette mentalité et nous concentrer sur la souveraineté et l'innovation à long terme pour l'industrie européenne", conclut Horent. Alors que l’avenir repose sur des innovations durables et accessibles, il est crucial que le cadre réglementaire évolue pour permettre à l’industrie automobile de retrouver sa compétitivité sur la scène mondiale.







