Une étude de l’Office européen des brevets révèle que, de 2018 à 2022, les femmes n'ont constitué que 16,7% des inventeurs ayant déposé des brevets européens en France. Malgré une légère augmentation par rapport à la période précédente, où elles représentaient 16,4%, cette proportion reste bien en deçà du niveau souhaité. À titre de comparaison, la moyenne continentale se situe à 13,8%. Ce rapport, publié à l'approche de la Journée internationale des droits des femmes, met en lumière l'importance de lutter contre les obstacles systémiques qui limitent l'accès des femmes à l'invention individuelle et à l'entrepreneuriat technologique.
« Bien que les femmes soient de plus en plus présentes au sein des équipes d'inventeurs, elles ne sont toujours pas désignées comme inventrices individuelles à une fréquence suffisante, témoignant ainsi de la persistance de freins structurels », indique l'OEB. En effet, les femmes ont tendance à déposer des brevets en tant que membres d'équipes collaboratives plutôt que de manière autonome, et elles demeurent sous-représentées parmi les titulaires de doctorat impliqués dans des dépôts de brevets, bien que leur nombre au niveau doctoral soit significatif.
Cette disparité de représentation s'accroît à chaque étape de la carrière scientifique, mais elle est particulièrement marquée lors du passage entre la recherche et la commercialisation des inventions. Dans ce contexte, moins de 10% des fondateurs de start-up ayant déposé un brevet européen en France sont des femmes, illustrant ainsi une fracture criante : sur 100 entrepreneurs, seulement un peu plus de 10 sont des femmes (10,2%).
Des experts, tels que ceux cités dans une étude récente du Journal Les Échos, soulignent l'importance de mettre en place des politiques incitatives pour favoriser la présence féminine dans l'innovation. Ces démarches pourraient inclure le soutien à l'entrepreneuriat et la création de réseaux dédiés aux femmes inventrices.







