À La Chapelle-Saint-Florent, l'usine Corine, autrefois symbole de l'industrie locale, se prépare à disparaître. Fondée en 1905 par les frères René et Jean Chéné, ainsi que leur beau-frère Arsène Gravouille, l'usine a produit des chaussures pendant un siècle, atteignant un effectif de 350 salariés dans les années 1980. Pour de nombreuses familles de la région, elle a été bien plus qu'un simple employeur.
Dans le contexte de l'économie industrielle en mutation, la fermeture de l'usine le 15 avril 2005 avait déjà marqué la fin d'une époque. Cettte démolition imminente, annoncée aux habitants de Mauges-sur-Loire, a suscité des sentiments partagés entre nostalgie et lucidité face aux transformations économiques.
Récemment, l'historien local, Pierre Maillard, a souligné l'importance de cet héritage industriel : « L'usine Corine est une pièce essentielle de notre patrimoine. Elle représente un savoir-faire et l'histoire de milliers de travailleurs de notre région. » Ce projet de démolition est donc plus qu'une simple opération immobilière ; c'est une page qui se tourne et une mémoire collective qui se fragilise.
Les habitants se souviennent des jours où l'usine, affectueusement appelée « La Fabrique », résonnait des cris et des rires des employés. Avec l’approche de la démolition, un collectif d’anciens salariés s'est mobilisé pour demander un mémorial en hommage aux contributions de leurs pairs à cette institution locale.
La Chapelle-Saint-Florent se retrouve ainsi à un tournant. Comment concilier modernité et mémoire ? Au-delà des murs qui chutent, c'est une vision d'avenir qui devra s'incarner, tout en préservant l'âme de ce village ancré dans l'histoire de l'industrie française.







