Après une douceur printanière inattendue, une violente gelée s'est abattue sur le vignoble, remettant en question la récolte à venir. Les bourgeons avancés se trouvent en péril et les viticulteurs se préparent à l'affrontement avec les caprices de la météo.
« Chaque coup de gel sera un coup de marteau sur nos têtes », confie Pierre-François Colin, président de l'AOC Coteaux du Vendômois. Le gel de dimanche 15 mars 2026 a surpris tout le monde. « Nous pensions que la température oscillerait autour de zéro degré, mais nous avons enregistré des minima à moins de 4 °C dans les parcelles de Houssay et Villiers-sur-Loir, combinés à une humidité de 100 % qui a engendré une gelée blanche. L'arrivée du soleil a également intensifié les dégâts sur les bourgeons », explique-t-il.
Avec des cépages qui affichent un retard de quinze jours sur leur cycle normal après des semaines de températures printanières frôlant les 18 °C, la situation est alarmante.
A Houssay, chez Denis Noury, les jeunes vignes plantées il y a deux ans ont subi de pleins fouets les effets du gel. À Villiers-sur-Loir, Ariane Lesné déplore la situation des chenins. La situation est légèrement moins sévère à Vendôme et Thoré-la-Rochette, bien que les gamays précoces aient pris un coup. « Nous avons peut-être évité des dégâts grâce à une taille tardive dans les zones les plus chaudes », ajoute Pierre-François Colin, tout en prévenant que cette technique doit être utilisée avec précaution. Un bilan détaillé des dommages devrait être établi dans deux à trois semaines, sous réserve d'une nouvelle vague de gel qui pourrait frapper plus tôt dans la saison.







