En avril, l'activité manufacturière en Chine a vu sa progression se maintenir, même face aux augmentations des prix de l'énergie et aux perturbations causées par les conflits régionaux. L'indice des directeurs d'achat (PMI), qui mesure l'optimisme dans le secteur, a grimpe à 50,3 points, un léger recul par rapport à mars, qui affichait le meilleur chiffre depuis un an avec 50,4 points, selon le Bureau national des statistiques (BNS).
D'autres cabinets, dont S&P Global et RatingDog, rapportent une embellie plus marquée, avec un PMI de 52,2 points pour avril, indiquant la plus forte expansion depuis décembre 2020. RatingDog a précisé que cette performance était alimentée par l’augmentation de la production, qui atteint son niveau le plus élevé depuis juin 2024.
Une performance inédite depuis la pandémie de Covid-19
Un indice supérieur à 50 est synonyme d'expansion, tandis qu'en dessous de ce seuil, on observe une contraction. Ce résultat dépasse les prévisions de 50,1 élaborées par un panel d'économistes selon Bloomberg. Capital Economics, se basant sur les chiffres du BNS et de S&P Global, évoque une croissance à son niveau le plus élevé depuis le redémarrage post-Covid.
Les données récentes soulignent que le choc d'approvisionnement lié à la guerre en Iran entraîne de nouvelles pressions inflationnistes, mais l'impact sur l'activité manufacturière reste limité pour l'heure, analyse Capital Economics.
Le facteur déterminant a été une demande extérieure robuste, avec une croissance des nouvelles commandes à l'export à son rythme le plus rapide depuis le début de l'année. Les produits technologiques, notamment les puces mémoire, ont joué un rôle clé dans cette demande, tandis que la demande intérieure continue de présenter des signes de ralentissement.
Une prévision de croissance prudente
Pour le mois d'avril, le PMI non-manufacturier, qui suit l'activité dans les services et la construction, s'établit à 49,4, un recul noté par Capital Economics, le plaçant à son plus bas niveau depuis le début de la pandémie. Cela témoigne d'un manque de dynamisme dans le secteur des services.
Huo Lihui, statisticienne au BNS, a confié qu’il y avait une demande accrue pour les équipements électriques, bien que le secteur pétrolier montre des signes d'essoufflement. L’augmentation des prix des matières premières, en particulier dans le secteur de l'énergie et de la chimie, pèse sur la production.
Selon Zhiwei Zhang, économiste en chef à Pinpoint Asset Management, une politique monétaire plus souple peut contribuer à atténuer cette pression sur les prix.
La Chine, deuxième puissance économique mondiale, a enregistré un excédent commercial record en 2025 malgré les tensions commerciales avec les États-Unis. Toutefois, elle doit composer avec des problématiques internes comme la crise immobilière persistante, une consommation intérieure atone, et un chômage des jeunes en forte hausse. L'objectif de croissance pour 2026 a été fixé entre 4,5 et 5 %, le plus bas depuis trois décennies, allant de pair avec une situation économique mondiale instable exacerbée par les conflits internationaux.







