La compagnie aérienne nationale Biman Bangladesh Airlines a franchi un cap historique en signant, jeudi dernier, un contrat d'une valeur de 3,7 milliards de dollars avec Boeing pour l'achat de quatorze nouveaux appareils. C'est la commande la plus importante de son histoire, selon un communiqué de presse commun des deux entreprises.
Cette commande comprend la livraison de dix gros porteurs 787 Dreamliner — avec huit unités du modèle 787-10 et deux 787-9 — ainsi que quatre monocouloirs 737 MAX 8, qui devraient entrer en service au cours des dix prochaines années.
Ces modèles de pointe garantissent une réduction de la consommation de carburant de 20% à 25% par rapport aux appareils qu'ils remplaceront, renforçant ainsi l'engagement de la compagnie en matière de durabilité. Les 787-10, spécialement conçus pour les liaisons longues, desserviront principalement le Moyen-Orient, tandis que les 787-9 seront affectés aux liaisons vers l'Europe et l'Amérique du Nord.
Les nouveaux 737 MAX, également une première pour Biman, assureront des vols vers des destinations au Moyen-Orient, en Inde et dans le sud-est asiatique, comme l'explique le communiqué. Actuellement, Biman dessert 22 destinations internationales, la plus longue étant celle reliant Dacca à Toronto via Istanbul.
L'annonce intervient dans un contexte économique et commercial particulier, liée à un accord signé en août 2025 avec les États-Unis, visant à abaisser les droits de douane imposés par l'administration Trump. Cette initiative vise à dynamiser le commerce bilatéral en renforçant les relations économiques. La signature du contrat a eu lieu lors d'une cérémonie officielle à Dacca, signifiant le début d'une nouvelle ère pour la flotte de Biman.
Actuellement, la compagnie possède déjà quatorze Boeing, incluant les modèles 787-8, 787-9, 777 et 737 NG, sur une flotte générale de dix-neuf appareils. Ce rééquipement de la flotte, approuvé par le gouvernement au pouvoir depuis la chute de l'ancienne dirigeante Sheikh Hasina, représente une avancée majeure pour le secteur aérien bangladais.
Il est à noter que le Bangladesh, deuxième producteur de vêtements mondial, a présenté un plan d'achats ambitieux incluant aussi des importations de blé, de coton et de pétrole aux États-Unis pour tenter de réduire son excédent commercial. Ce faisant, il espère atténuer les inquiétudes américaines qui avaient conduit à l'imposition de lourdes taxes douanières sur les produits bangladais. Cet ajustement de la commande initiale, qui prévoyait vingt-cinq appareils, à seulement quatorze, a suscité des inquiétudes en Europe, où Airbus espérait également profiter de cette opportunité de vente. Les tensions autour de cette question commerciale sont de plus en plus pressantes, surtout après que l'administration Trump avait envisagé une surtaxe douanière de 37% sur les produits importés du Bangladesh, qu'elle a depuis réduite à 20% en août dernier.







