Le 30 mars, le tribunal correctionnel de Bordeaux a vu un généraliste girondin confronté à des accusations graves. Le médecin, jugé pour des prescriptions abusives de fentanyl, un opiacé bien plus puissant que la morphine, fait face à de nombreuses infractions, y compris "escroquerie au préjudice des caisses d’assurance maladie", a rapporté France 3 Gironde.
Âgé de 69 ans, le praticien basé à La Réole a été suspendu en novembre dernier, après que des enquêtes ont révélé qu’il avait prescrit des doses massives de fentanyl, en grande partie aux frais de la Sécurité sociale. La procureure Marie-Noëlle Courtiau-Duterrier a souligné que le fentanyl était devenu le deuxième produit le plus prescrit par ce médecin, juste après le paracétamol.
Cette affaire n'est pas sans précédent. Selon Sud Ouest, le généraliste avait déjà été sanctionné, dans les années 2000, pour des surdosages de Subutex, un traitement utilisé pour sevrer les personnes dépendantes des opiacés.
Toxicomanie ou soins médicaux ?
« Ils sont devenus toxicomanes », a déclaré la procureure lors de l’audience, rappelant l'impact dévastateur de ces prescriptions sur ses patients. Pourtant, l’hypothèse d’un trafic de drogue a été rapidement écartée par les enquêteurs. Aucun enrichissement personnel n'a été trouvé concernant le médecin, qui a défendu son approche, affirmant qu'il ne faisait que répondre aux souffrances de ses patients.
Le médecin a également été accusé de délivrer des arrêts de travail et des bons de transport pour des patients résidant à l'étranger, ce qui soulève encore d'autres questions sur la nature de sa pratique.
Pour ces infractions, la procureure a requis trois ans de prison, dont un ferme, ainsi qu'une amende de 30 000 euros et une interdiction d'exercer la médecine. La décision finale sera rendue le 11 mai prochain.







