Ce vendredi 3 avril, le tribunal des assises de la Gironde a rendu son verdict : Matthieu Belloc, 37 ans, a été reconnu coupable d'assassinat et de tentative de meurtre. En septembre 2021, à Caumont, cet ancien agriculteur a abattu Jérôme Pagotto, le compagnon de son ex-conjointe, et a tiré sur cette dernière, qui a depuis subi une amputation.
Le prononcé de la peine a plongé la salle dans un silence choqué. La cour a décidé d'infliger une peine de 30 ans de réclusion criminelle, comme l'avait recommandé la procureure, incluant un suivi sociojudiciaire de huit ans et une période de sûreté de deux tiers.
Les événements tragiques se sont déroulés le 9 septembre 2021. Belloc a déclaré avoir « pété les plombs » après avoir appris que son ex-compagne envisageait de porter plainte pour un incendie criminel, dont il était soupçonné d'être l'auteur. Il a pris un fusil de chasse et s'est rendu au domicile de son ancien partenaire, où il a ouvert le feu. Le suspect a reconnu l'assassinat de Pagotto mais conteste la tentative de meurtre sur son ex-compagne, affirmant qu'il n'avait pas l'intention de lui faire du mal.
Ce fait divers tragique met en lumière des questions plus vastes sur la violence domestique et le féminicide. Les avocats des parties civiles ont décrit Matthieu Belloc comme un homme « lâche » et « autocentré », capable de violence, et ont souligné qu'il avait menacé sa compagne depuis des mois. L’avocate générale, Pauline Dubarry, a noté que ces menaces démontraient un schéma de comportement inquiétant.
Les réalités du féminicide
Les témoignages lors du procès ont révélé un climat de terreur et de contrôle. « Il ne supportait pas que Sabrina puisse vivre avec un autre homme », a expliqué Me Frédéric Georges, ajoutant que le comportement de Belloc s'inscrit dans une logique patriarcale archaïque. Les experts ayant analysé son cas ont également mis en avant ses capacités intellectuelles limitées et son incapacité à gérer la frustration.
La défense, tout en reconnaissant la gravité des faits, a tenté de présenter le prévenu comme une victime de circonstances, insistant sur un changement de personnalité après la séparation. Cependant, les avocats de la partie civile ont rétorqué que cette situation n’était en rien une excuse pour des actes aussi violents.
Conséquences sur la vie des enfants
« Les enfants ont été enfermés dans un déni. La justice des mineurs a failli dans ce dossier »,a ajouté Me Marie Pommies-Courbu, évoquant la situation paradoxale où Belloc a conservé l'autorité parentale sur ses enfants alors qu'ils sont placés en foyer. Cette affaire soulève des questions critiques sur le système judiciaire et sur la nature des violences conjugales. Pour la sécurité des enfants, la cour a statué pour un retrait total de l'autorité parentale de Matthieu Belloc.
Matthieu Belloc a désormais dix jours pour faire appel du verdict, mais ce cas continue de faire écho dans la société, rappelant l'urgence de combattre la violence faite aux femmes et de protéger les victimes et leurs familles.







