La nouvelle carte scolaire pour la Dordogne, qui entrera en vigueur à la rentrée de septembre, a été validée le 3 avril dernier. Ce jour-là, environ quarante personnalités, incluant élus, parents d'élèves et syndicats, se rassemblent devant la préfecture à Périgueux pour exprimer leur mécontentement.
À 10 heures, des syndicats entrent dans les lieux pour participer au Conseil départemental de l’Éducation nationale, l’organe qui valide les ouvertures et fermetures de classes. Cette situation récurrente, observée chaque année, incite parents et élus à protester devant la menace de suppressions de classes.
Jean-Louis Pujols, maire de Hautefort, témoigne de son pessimisme. Aux côtés de plusieurs élus, incluant son adjoint Florent Tournaire, il évoque des inquiétudes concernant une classe menacée de fermeture, malgré une augmentation de la population dans leur commune. « C’est injuste, soupire-t-il. Nous investissons dans l'éducation pour maintenir la vitalité de nos territoires ruraux, et nous voilà punis. Une fermeture de classe est un acte lourd de conséquences ; il n’y a aucune garantie de réouverture rapide », souligne-t-il.
La directrice de l'une des écoles de la commune abonde dans son sens, affirmant que la fermeture se prépare depuis quelque temps. « On sent que cela vient. »
« Ce n’est pas entendable »
De l’autre côté de la rue, des parents de l’école de Château-l’Évêque se battent contre une fermeture prévue. Munies d’une banderole, deux mamans proclamant : « Nos enfants ne sont pas des chiffres », interpellent les passants. Marie Rolland-Vallot, présidente de l’association de parents d’élèves, insiste sur les conséquences d’une telle décision : « La fermeture compromet un bon nombre d’enfants et leur éducation. »
Coralie Juge, adjointe aux affaires scolaires, dénonce la situation : « Chaque année, nous perdons des classes, et cela devient intenable. » La pétition qu'elle a initiée a déjà rassemblé plus de 900 signatures. Non seulement il s’agit des classes, mais également des élèves porteurs de handicap, pour lesquels il y a une forte exigence d’accompagnement.
Deux heures après cette mobilisation, la décision tombe : 19 classes fermeront contre 4 ouvertes, un verdict décevant pour les communautés concernées.
Hélène Maleterre, une syndicaliste, critique la baisse des budgets alloués à l’éducation. Elle affirme que la situation actuelle ne reflète aucun engagement envers une véritable réforme éducative. Alain Chabrillangeas, de la FSU, évoque une « carte scolaire minimaliste » peu ambitieuse pour un département comme la Dordogne, et plaide pour un soutien accru dans les établissements scolaires. En somme, la bataille pour l'éducation dans cette région continue de soulever des interrogations et des passions.







