Le rythme a changé pour l'ancien maire de Levallois-Perret. Lorsqu'il se lève du banc des prévenus, Patrick Balkany prend soin de ménager son dos. Mais son langage, lui, demeure flamboyant : "C’est carnavalesque! Une parodie de justice!", déclare-t-il à son arrivée au tribunal de Nanterre, où il est accusé de "détournement de fonds publics" et "prise illégale d’intérêts".
Écarté de ses fonctions de maire en 2019 suite à des déboires judiciaires, pataugeant encore dans son échec aux dernières élections municipales, Balkany pensait avoir clos le chapitre Levallois. Pourtant, la justice continue de le rattraper. À 77 ans, il est de retour, pour deux affaires cette fois-ci.
Un "emploi de complaisance" au cœur de l’enquête
La première affaire concerne Renaud Guillot-Corail, un proche que Balkany décrit comme un "type formidable", avec qui il partageait des moments au sein d'un cercle de cigares. Cependant, la justice creuse les allégations de détournement de fonds. Pourquoi RGC, décédé en 2020, avait-il obtenu un poste à la tête d'une "association-satellite" de Levallois après une retraite anticipée en 2012, avec un salaire de 5 447 euros mensuels jusqu'en 2018 ? Ce montant a nécessité une forte augmentation des subventions municipales, soulevant des doutes quant à la nature de son emploi.
Les superviseurs de ces finances, à savoir la Chambre régionale des comptes, se posent des questions sur la légitimité de cet emploi. Patrick Balkany peine à comprendre le bien-fondé de sa comparution.
"Et vous me convoquez ici?! Et ben bravo! Bravo!"
"Tous ces gens ont disparu de ce monde. Ils doivent bien s’amuser de là-haut !" s'exclame-t-il à la barre, s’interrogeant sur son rôle dans cette affaire. La présidente, tout en cherchant à le guider, peine à obtenir davantage que ses commentaires politiques. "On entend constamment des ministres nous dire qu'il faut travailler plus longtemps, eh bien voilà un homme qui a fait ça. Et vous me faites comparaître ici? Bravo!”
Balkany avoue être plus proche de la fin de sa carrière que de son commencement, mais il reste un animal politique. Sa défense s’accroche à sa ville, lançant des anecdotes sur son héritage local, mais évitant habilement de répondre sur Renaud Guillot-Corail.
Les réquisitions ce mercredi avant l’examen d’une autre affaire
Malgré tout, RGC semble avoir joué un rôle clé dans les affaires municipales. Les témoignages recueillis évoquent des doutes sur son travail réel en lien avec Balkany, mais les preuves manquent. Une employée municipale évoque un homme connecté, mais ne peut confirmer la réalité de son activité. La procureure, attentivement, prépare ses réquisitions qui seront attendues demain, avant d'attaquer le second dossier, concernant l’utilisation de quatre agents municipaux comme chauffeurs personnels.







