Une enquête a été initiée après la plainte déposée par la journaliste Nassira El Moaddem contre le sénateur Thierry Meignen, ancien maire LR du Blanc-Mesnil, pour des menaces de mort présumées. Le parquet de Paris a confirmée que "l’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes de la direction de la police judiciaire de Paris," a rapporté l'AFP.
Nassira El Moaddem, qui a récemment publié Main basse sur la ville, a déposé sa plainte après que le sénateur a fait des déclarations choquantes dans le journal Le Monde, déclarant : "Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J’irai au bout, elle va mourir, je la tue." Ces menaces, fin mars, ont provoqué un tollé médiatique et citoyen.
Des accusations graves
Dans son livre, la journaliste décrit le parcours de Thierry Meignen et aborde des cas de corruption potentielle au sein des marchés publics, ainsi que des accusations d'intimidation visant l'ancienne administration et les liens du sénateur avec l'extrême droite. Elle dénonce également une culture d'impunité qui pourrait faire peser une menace sur les journalistes.
Le 26 mars, Gérard Larcher, président du Sénat, a été incité par plusieurs élus écologistes et socialistes à prendre des mesures disciplinaires. Nassira El Moaddem a exprimé sa satisfaction concernant l'ouverture de l'enquête, affirmant qu'elle était un premier pas vers la justice. "C'est inacceptable qu'un représentant du peuple profère de telles menaces" a-t-elle déclaré à l’AFP.
Échos d'une indifférence gouvernementale
Toutefois, elle a exprimé son inquiétude face à l'inaction du gouvernement, soulignant la nécessité d'une réaction ferme pour protéger les journalistes dans l'exercice de leur fonction. "L'absence de condamnation de ces menaces envoie un message déplorable sur l'engagement de l'État à défendre la liberté de la presse," a-t-elle constaté. Elle a aussi dénoncé un climat de harcèlement dont elle fait l'objet sur les réseaux sociaux et s'est inquiétée des conséquences potentielles de tels discours.
De son côté, le sénateur Meignen n'a pas réagi aux demandes de commentaire de l'AFP dans l'immédiat. Ce silence s'inscrit dans un contexte où la liberté d'expression et la sécurité des journalistes sont plus que jamais en jeu, alertant les défenseurs des droits sur la nécessité d'une vigilance accrue.







