Le 24 mars dernier, trois individus ont été placés en garde à vue, soupçonnés d'avoir usurpé l'identité d'artisans en Charente-Maritime, pour escroquer plus d'un million d'euros à l'État via MaPrimeRénov'. L'audience initialement prévue pour le 24 avril a été reportée à février 2027.
Le tribunal correctionnel de Saintes a été le théâtre d'un rebondissement inattendu. La dirigeante, âgée de 38 ans, accompagnée de deux complices, a été jugée pour escroquerie et blanchiment en bande organisée. Ensemble, ils auraient élaboré des faux devis au nom d'entreprises de rénovation agréées, pour toucher les aides de l'État. Selon les résultats de l'enquête, l'escroquerie est évaluée à plus d'un million d'euros, touchant une cinquantaine de victimes parmi artisans et particuliers. En parallèle, la dirigeante est également accusée de travail dissimulé et de fausses déclarations concernant une autre entreprise qu'elle dirige.
Durant cette audience, le président du tribunal a souligné que l'affaire mêle intérêts personnels et financiers. Ces trois prévenus ont, entre avril 2024 et juillet 2025, réalisé des travaux chez des clients avec des coûts exorbitants sur papier. Par exemple, pour des rénovations coûtant réellement 22 000 euros, des devis de 62 000 euros étaient présentés, permettant ainsi d'escroquer 40 000 euros à l'ANAH, l'agence nationale de l'habitat.
Une cinquantaine de victimes en Charente-Maritime
Les répercussions de cette arnaque sont bien réelles pour de nombreuses victimes. Dylan et Cécile, résidents de Pons, se plaignent de malfaçons graves : "Les finitions sont médiocres, et nous nous retrouvons sans garantie sur notre maison". Des amis également escroqués font état d'une isolation extérieure défectueuse.
Des retraits pour des voyages, des locations et des achats personnels ont été découverts sur les comptes de la dirigeante. Lorsqu'interrogée par le juge, elle a nié partiellement les accusations, alors que ses complices rejettent également les reproches.
Qui a fait quoi ?
Face à cette affaire complexe, les avocats des parties demandent un renvoi au Parquet pour approfondir l'enquête. « Qui a fait quoi dans cette affaire ? On ne le sait pas », a rétorqué l'avocat de la principale accusée. Malgré les objections de la Procureure, le président du tribunal a décidé de reporter l'affaire et de convoquer à nouveau tous les prévenus le 25 février 2027.







