L’atmosphère de choc perdure à Lucenay, dans le Rhône, suite aux accusations portées contre Romain G., un régisseur de cinéma âgé de 40 ans, soupçonné d'avoir commis des abus sur 34 enfants entre 2020 et 2024. Me Jean Sannier, l'avocat représentant plusieurs familles de victimes, apporte des éléments nouveaux extrêmement préoccupants concernant la manière dont les faits auraient eu lieu.
Révélations publiées par Le Monde le 29 avril dernier soulignent une mise en scène méthodique, où la confiance des parents a été exploitée. Selon l'avocat, les agissements étaient prémedités, se déroulant lors de soirées banales où les enfants se retrouvaient entre amis.
L'hypothèse d'une soumission chimique
Me Sannier exprime ses craintes concernant l’état de conscience des jeunes victimes, affirmant "Je suis persuadé que les enfants ne dormaient pas d’un sommeil naturel". Les analyses des 127 vidéos et 197 photos saisies chez le suspect révèlent que certains enfants demeuraient totalement apathiques face aux événements. "Comment des enfants ne réagissent-ils pas à des agressions ?", s'interroge-t-il en insistant sur la possibilité d'une sédation chimique.
Toutefois, prouver la prise de substances s'avère complexe. Étant donné que les faits ont eu lieu sur quatre années, les prélèvements capillaires pourraient ne plus détecter des traces de sédation en raison des coupes de cheveux fréquentes des jeunes garçons impliqués.
Un caméléon criminel
Au-delà de la sédation, l’avocat évoque l’image d’un homme tel un "caméléon", capable de transformer son domicile en un lieu de jeux pour attirer les enfants. Comme rapporté par La Dépêche, sa maison et son jardin étaient aménagés pour ressembler à un parc d'attractions, permettant ainsi d'inviter les camarades de ses enfants dans un cadre trompeusement accueillant.
Ce scénario inquiétant était couplé à des actes d’agressions se produisant au moment où les parents prenaient l’apéritif ou dormaient dans la pièce voisine. Dans un contexte encore plus alarmant, les enfants étaient parfois amenés à se doucher sous prétexte d’hygiène, ce qui dissimulait les attentats qu’ils ont subis. "Ces jeunes n'ont pas souvent perçu cette intrusivité", souligne t-il auprès de TF1.
En réponse à ce traumatisme collectif touchant presque toutes les classes de l’école locale, Me Sannier insiste : "Aucun de ces parents ne doit se sentir responsable de cette tragédie". Le suspect, qui a reconnu les faits après une tentative de suicide, risque jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.







