l'essentiel
À Prat-Bonrepaux (Ariège), les habitants sont confrontés à un manque alarmant de médecins. Avec seulement un généraliste pour environ 1 000 patients, la situation est critique. Le maire, Emmanuel Cécile, déploie des efforts considérables pour pallier ce manque en proposant notamment un logement aux médecins désireux de rejoindre la commune.
Josette, une résidente âgée de 90 ans, exprime son désarroi face à l'absence du seul médecin disponible : "Nous devons nous rendre aux urgences à Saint-Girons, c'est vraiment compliqué", confie-t-elle, rappelant des temps plus sereins où plusieurs praticiens étaient présents dans la maison de santé.
Le problème remonte à 2024, lorsque le médecin historique du village a pris sa retraite. Emmanuel Cécile se souvient qu'à l'époque, trois nouveaux praticiens avaient été recrutés, mais deux d'entre eux sont partis rapidement. "Il est quasiment nécessaire d'avoir un effectif de trois médecins pour compenser les 70 heures de service que faisait le Dr Couzinet chaque semaine", explique-t-il, soulignant les difficultés rencontrées dans le secteur médical.
Un combat continu depuis deux ans
Convaincu que la santé n'est pas uniquement une compétence communale, le maire s'implique activement pour attirer des médecins. "Nous avons déjà réussi à recruter trois médecins, ce qui prouve l'attrait de notre territoire", déclare-t-il. Il met en avant la qualité de l'équipe pluridisciplinaire de la maison de santé, ainsi que l'environnement dynamique du Couserans.
Un maire prêt à tout
Dans cette quête pour remédier à la pénurie médicale, Emmanuel Cécile a également décidé de rendre le village plus attractif en offrant un appartement aux médecins potentiels. "Je mets à disposition un logement meublé pour éliminer le souci du logement lors de leur arrivée", précise-t-il. Ce type d'initiatives illustre sa détermination à faciliter l'intégration des nouveaux praticiens.
Son engagement ne s'arrête pas là. Lorsqu'une professionnelle de santé, le Dr Mvogo, est venue visiter, il a même organisé une petite section dans l'école pour ses enfants. "Nous levons tous les freins possibles pour accueillir ces nouveaux arrivants", assure-t-il.
Cependant, ces efforts demandent des ressources financières considérables. "C’est un investissement, et même si cela impacte nos budgets, la santé de nos concitoyens prime avant tout", déclare le maire. "Il est crucial d’agir face à la carence médicale que connaît notre région".
3 000 patients à traiter
Lorsque la maison de santé était à pleine capacité avec trois médecins, elle pouvait traiter jusqu'à 3 000 patients, un chiffre qui souligne l'importance de cette structure pour toute la communauté. "Nous ne pouvons pas laisser cette situation persister", s'inquiète Emmanuel Cécile.
En finale, le maire rappelle que la situation médicale actuelle est le résultat d'une politique frileuse d'État. "Nous subissons les conséquences du numerus clausus. Les habitants qui peinent à obtenir un rendez-vous témoignent d'une réalité inquiétante", conclut-il. En ce moment, seules deux plaques professionnelles manquent à la façade de la maison de santé, soit deux postes de généralistes à pourvoir.







