Ce vendredi, un collectif de militants a revendiqué des actes de sabotage ciblant deux bassines, des structures controversées destinées à l'agriculture intensive, situées dans les départements de la Vienne et des Deux-Sèvres. Ces actions ont provoqué une réaction énergique du préfet des Deux-Sèvres, Simon Fetet, qui a déclaré ces dégradations comme étant « intolérables ». Il a également mentionné qu'il y avait déjà des enquêtes en cours pour identifier les responsables.
Dans un communiqué adressé à plusieurs médias locaux, le groupe se faisant appeler l'« Amicale pour le débâchage permanent du Poitou » a exprimé son opposition au financement public des bassines. En faisant référence à leur détermination, ils ont précisé : « Tant que ces bassines seront opérationnelles, notre lutte continuera sans relâche ». Ce type d'action en faveur de l'environnement n'est pas une première, mais sa revendication dans un communiqué est assez singulière.
Les dégradations ont eu lieu au lendemain d’une décision judiciaire préoccupante pour un membre influent du mouvement anti-bassines, Julien Le Guet, condamné à six mois de détention à domicile pour sa participation à des manifestations à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en octobre dernier. Ce dernier a été reconnu comme l'une des figures majeures dans la lutte contre la construction de mégabassines, qui sont perçues par certains comme un symbole de l'accaparement de l'eau par l'agro-industrie.
Les militants affirment également que les bassines sont financées par des fonds publics, aggravant une crise hydrique déjà bien critique. Cette assertion a été soutenue par plusieurs observations d'experts en hydrologie, qui soulignent la nécessité urgente de réexaminer la gestion de l'eau en France. « Les bassines sont souvent présentées comme une solution à la sécheresse, mais elles posent aussi des questions éthiques majeures sur l'accès à l'eau », a déclaré un spécialiste en gestion des ressources en eau.
« Face à cette situation, notre seule riposte est de s'opposer à ces projets », ont ajouté les militants dans leur communiqué. Une autre bassine a subi des dommages ce même jour, marquant une escalade dans les tensions entre les agriculteurs et les groupes de défense de l’environnemen t.
Les opposants des mégabassines évoquent un accaparement d'une ressource vitale par de grandes entreprises agricoles tandis que leurs défenseurs soutiennent que celles-ci constituent un outil essentiel pour faire face aux sécheresses de plus en plus fréquentes en raison du changement climatique. Cette question suscite un débat intense en France, où la gestion de l'eau est devenue un enjeu crucial tant sur le plan économique qu'écologique.







