Le régime militaire du Niger a annoncé, ce vendredi, la suspension de plusieurs médias français, dont l’Agence France Presse, France 24 et Mediapart, en invoquant leur capacité à « mettre gravement en péril l’ordre public ». Cette mesure, effective immédiatement, s'inscrit dans un climat tendu entre le pays et les nations occidentales, notamment la France, comme signalé par l'article du Parisien.
Depuis le coup d'État qui a vu la junte prendre le pouvoir en juillet 2023, plusieurs médias occidentaux ont déjà été suspendus. Parmi les publications désormais visées, le communiqué de l’Observatoire national de la communication précisait : « Sont suspendus sur toute l’étendue du territoire national, pour diffusion récurrente de contenus susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, l’unité nationale et la stabilité des institutions, des médias comme France 24, RFI, TF1 Info, Jeune Afrique et d'autres ». Cette décision est perçue comme une claire volonté de contrôler l'information dans un contexte de défiance envers l'Occident.
Exécution « immédiate »
L'exécution de cette suspension est déclarée « immédiate », affectant divers médias, y compris les bouquets satellitaires, les réseaux câblés et les plateformes numériques. Des médias tels que RFI et France 24 avaient déjà subi des sanctions peu après le coup d'État de 2023. La BBC avait également été contrainte de cesser ses activités au Niger.
Comme l'indique un rapport de France 24, cette escalade de la censure s'inscrit dans une dynamique régionale. Par exemple, le Burkina Faso, allié du Niger au sein de l'Alliance des États du Sahel, a aussi suspendu la diffusion de TV5 Monde dans un contexte similaire. Cela souligne une tendance inquiétante dans la région.
Cette décision survient quelques jours avant un sommet important au Kenya, réunissant la France et des pays africains, et met en lumière les défis croissants auxquels sont confrontées les relations entre le Niger et l'Occident, alors que la conjoncture sécuritaire demeure préoccupante. Les experts estiment que le contrôle de l'information pourrait exacerber les tensions déjà présentes, rendant cruciale la surveillance des droits de l'homme et de la liberté de la presse dans le pays.







