"Il me disait je t’aime pour me frapper après", a déclaré le jeune homme, lors de la session du 19 mai. De nombreux témoignages se sont succédé au procès, renforçant le portrait d’un homme à la fois autoritaire et manipulateur. Ce dernier, maintenant détenu, est accusé d'avoir infligé des actes de violence à Laëtitia R. pendant sept longues années.
Les récits de l'entourage concordent : un homme au charisme troublant, mais dont le comportement cachait une profonde violence. Le témoignage du fils, qui n’avait pas vu son père depuis son incarcération, a particulièrement marqué les esprits lors de cette audience à Digne-les-Bains.
Les mots de l'adolescent, réfléchis et déterminés, ont révélé une distance émotionnelle avec son père, l’appelant par son prénom ou "monsieur". Quand il a été questionné sur sa relation, sa réponse hésitante a mis en lumière la complexité et la douleur de cette dynamique familiale.
"Je ne veux plus le voir, c’est fini"
Dans le box, Guillaume B. a montré des signes de détresse, versant des larmes en entendant son fils déclarer son souhait de le voir condamné pour ses actes. L’adolescent a assuré qu'il avançait dans sa vie depuis que son père était derrière les barreaux, dépeignant un homme impulsif et déséquilibré.
"Il y a eu des bons et des mauvais moments. Quand on avait peur de lui, ce n'était pas un père"
Il a par ailleurs relaté des paroles menaçantes de son père, telles que : "si tu ne te tais pas, je vais te frapper", témoignage d’une manipulation constante après les disputes. Le fils a révélé avoir vécu sous cette emprise, exprimant sa peur de parler à sa mère des violences, dans la crainte d'une confrontation.
"Il se faisait passer pour quelqu’un d’exemplaire"
Retour sur son enfance : l'avocate générale a fait mention de signalements d'enseignants décrivant un enfant violent, pensant même vouloir en finir avec la vie. À 12 ans, il a raconté les violences endurées à la maison, tout en mentionnant quelques moments de joie comme la naissance de sa petite sœur.
"Il avait un double visage. Exemplaire aux yeux des autres, il se révélait violent une fois la porte refermée"
Quand l'accusé a pris la parole, sa défense a pris une tournure émotionnelle. Il a vanté les qualités de son fils, évoquant que les mots prononcés en sa présence n'étaient pas authentiques, en arguant avoir sauvé son fils d’une grave condition par le passé.
Ce procès ponctué par la douleur des victimes et la lutte contre la violence du quotidien met en lumière les conséquences tragiques des abus au sein de la cellule familiale, et illustre combien il est essentiel de témoigner et d'identifier de telles situations.







