Ce mardi 19 mai, la cour d’assises de la Gironde a entendu des témoins et des experts concernant la personnalité de Francis Huguel, jugé pour le meurtre de Nicolas Ribes, l’amant de sa femme, le 11 mars 2023. L’affaire, digne d’un scénario tragique, dévoile un homme rongé par la jalousie, qui a poursuivi sa victime en voiture avant de tirer deux balles de près, puis d’incendier le véhicule pour faire croire à un accident.
Au tribunal, Huguel, 58 ans, apparaît marqué par son incarcération. Bien qu’il reconnaisse avoir conscience de son acte, il peine à accepter les conséquences. "Le milieu carcéral, ce n’est pas ma vie", déclare-t-il, une déclaration qui choque la présidente de la cour, Marie-Noëlle Billaud. Elle souligne l'horreur de son geste : "Il n’y a pas pire qu’attenter à la vie d’autrui."
Une blessure narcissique
Francis, marié à Cécile depuis 2013, décrit leur relation tumultueuse, souvent marquée par des séparations. La présence de Nicolas Ribes, collègue de Cécile, ne fait qu'aggraver la situation. "Il n’a pas supporté cette trahison et a observé les allées et venues de sa femme comme un condamné", explique l’experte en psychologie, Gisèle Martin. Cette situation le consume et l'amène à commettre l'irréparable.
"Mieux vaut passer pour odieux que pour ridicule", analyse le psychologue Éric Bauza, qui évoque une profonde blessure narcissique chez Huguel.
Risque de récidive ?
Le procès soulève également des questions préoccupantes. "Y a-t-il un risque de féminicide ?", interroge l’avocat général Jean-Luc Gadaud. Cette question hante non seulement les jurés, mais également le psychiatre présent, Dr Paul Bonnan, qui s’interroge sur la possibilité que Cécile aurait pu être une potentielle victime.
Francis continue de clamer qu’il n’est pas la personne décrite au tribunal. "Je suis choqué par l’image que l’on donne de moi", déclare-t-il, alors que son avocat, Me Arnaud Dupin, évoque une personnalité ayant une "intolérance à la remise en question".
Non seulement frustré par sa situation, mais toujours amoureux de son épouse, Francis a même cherché du réconfort dans la voyance avant la tragédie, et admet avoir eu des pensées suicidaires. "C’était un acte de barbarie", conclut Me Max Bardet, représentant la partie civile, alors que l’audience se poursuit.







