La cour criminelle départementale des Pyrénées-Atlantiques a infligé des peines de 12 et 5 ans de prison à deux hommes, âgés de 46 et 66 ans, pour viol en réunion. Ces verdicts ont été prononcés après deux jours de débats, marqués par des difficultés de communication dues à la barrière linguistique et à des témoignages confus des accusés.
La cour a cherché à établir si Ana P. avait consenti aux rapports sexuels avec son compagnon, Antonio, et des inconnus. Antonio, un homme portugais de 46 ans, a été condamné à 12 ans de prison, tandis que Jean-Pierre G., un Français de 66 ans, a écopé de 5 ans, tous deux pour des actes commis le 18 novembre 2023, au domicile de ce dernier à Lons. Les accusations ont été portées à la suite de plaintes formulées par la patronne d'Ana P., une femme de ménage ayant rapporté des viols dont elle avait été informée.
Fantasme du "plan à trois"
Ana P. et Antonio, tous deux originaires du Portugal, avaient formé un couple depuis peu, Ana ayant quitté la Suisse avec son fils de 11 ans pour le rejoindre. Selon un expert psychologique, Antonio, qui souffre de dépression, avait toujours rêvé de vivre un "plan à trois". Ce fantasme les a poussés à rencontrer Jean-Pierre, via l'application Coco, pour une soirée libertine. Toutefois, la nuit a rapidement tourné au drame. Jean-Pierre a reconnu que "Ana avait l’air mal à l’aise". En revanche, la version de la victime contredit largement cela : elle a décrit, à l’aide d’un interprète, les violences qu’elle avait subies.
Ana a mimé devant la cour comment Antonio tentait de la contraindre, déclarant : "J’essayais de fermer mes jambes, mais il mettait ses mains pour les ouvrir. J’ai dit plusieurs fois 'je ne veux pas' en pleurant." Jean-Pierre, de son côté, essaie de minimiser la situation en avançant des justifications saugrenues, allant jusqu'à dire qu'il ne comprenait pas pourquoi il était devant la cour.
Des rapports sous la menace
Ce que Jean-Pierre ne réalisait pas, c'est que pendant l'acte, Antonio murmurait à Ana des menaces en portugais, lui disant que si elle n'obéissait pas, elle "dormirait dehors avec son fils". Pendant le procès, Antonio a nié les faits tout en accusant sa compagne d’avoir un appétit sexuel insatiable qui le poussait à faire appel à d'autres hommes. Il a contesté les accusations en questionnant le comportement de sa partenaire : "Si elle aime tant le sexe, pourquoi le dénoncer ?". Ce choc des versions a profondément marqué les débats, et la présidente du tribunal a par ailleurs insisté sur le cri de la victime, alors que Jean-Pierre réclamait que cela ne pouvait pas avoir eu lieu, prétextant que les murs étaient fins.
Cette affaire complexe met en lumière les défis que rencontrent les victimes de violences sexuelles, souvent acculées à se confronter à leurs agresseurs dans des conditions déjà éprouvantes, notamment lorsque la communication et les perceptions sont altérées par des facteurs comme la langue ou des préjugés.







