Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, s’est exprimé pour la première fois sur les circonstances tragiques entourant la mort de Lyhanna lors de son intervention le 7 juin au journal télévisé de 20 heures. Son discours a mis en lumière des échecs majeurs dans le traitement de cette affaire.
France Télévisions : Dimanche dernier, la famille de Lyhanna a exprimé sa douleur et a demandé pardon à leur fille. Partagez-vous ce sentiment en tant que ministre ?
Laurent Nuñez : Oui, bien sûr. Je ressens la détresse immense de sa famille, de ses proches. En tant que ministre, je me dois d'être responsable, notamment vis-à-vis des services que je supervise.
Ce drame, je le reconnais, aurait pu être évité. En tant que père, cette situation me touche particulièrement.
Quelles mesures ont été prises concernant Jérôme Barrella, impliqué dans cette affaire ?
Depuis 2017, plusieurs plaintes ont été déposées à son encontre, totalisant six procédures judiciaires, dont celle concernant Lyhanna. Les informations recueillies suggèrent que d'autres plaintes pourraient être en cours.
A-t-il été interrogé par la police ou la gendarmerie ?
Nous observons un dysfonctionnement dans l’enquête de 2025 où des preuves accablantes existent. Il y a eu des procédures d'audition, des expertises médicales, mais la lenteur des transmissions entre le parquet de Toulouse et celui d'Auch soulève question. Le Parisien a signalé que le manque de communication entre ces entités est inacceptable au regard des enjeux.
Pourquoi n’y a-t-il pas eu de communication entre les parquets ?
Cette absence de dialogue est déconcertante. Il est crucial que les procédures soient scrupuleusement suivies. Je suis en attente des résultats d'une enquête administrative pour éclaircir cette situation, comme l’a également noté Le Monde.
Une maman témoignant de l'inaction des gendarmes a évoqué ses nombreuses relances. Quelle réaction en tant que ministre ?
Je prends sa parole en considération. Chaque appel doit être traité avec sérieux. Nous vérifions les échanges pour garantir une transparence totale.
Quel message envoyez-vous aux forces de l'ordre sur le traitement des plaintes concernant les agressions sur mineurs ?
Il s'agit d'un sujet de priorité absolue. Un dysfonctionnement dans cette affaire ne doit pas occulter l'engagement des policiers et gendarmes envers les violences sexuelles faites aux enfants. Depuis 2017, nous avons considérablement intensifié nos efforts, ouvrant notamment de nouvelles salles dédiées à l’écoute des enfants.
Devrait-on remettre en question la présomption de mensonge lorsqu'une victime témoigne ?
Chaque plainte est prise au sérieux. Toutefois, ce cas précis aurait dû être traité plus rapidement, vu les éléments fournis.
Face à ces défaillances, n'avez-vous pas pensé à démissionner ?
Je ne suis pas là pour fuir mes responsabilités. Je suis déterminé à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter de futurs drames similaires à celui de Lyhanna.
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