Début juin, une vaste opération policière a permis de démanteler un réseau de blanchiment d'argent à Marseille, entraînant la saisie de près de 3 millions d'euros, selon un communiqué du procureur de la République de Marseille reçu par 20 Minutes.
Les forces de l'ordre ont récupéré environ 2,7 millions d'euros sur des comptes bancaires, ainsi que 14 véhicules de luxe, un bateau, de l'or et divers bijoux. Sur les treize individus interpellés, cinq ont été mises en examen pour des chefs d'accusation tels que « blanchiment en bande organisée », et « abus de biens sociaux ». .
Un groupe de travail interinstitutionnel
L'enquête a débuté au printemps 2024, suite à un contrôle fiscal d'une entreprise établie aux alentours de Narbonne. Lors de ce contrôle, des fausses factures et des déclarations fiscales suspectes ont été découvertes, conduisant à l'ouverture d'une enquête en mars 2025, comme l'explique la police nationale.
Les gendarmes de la section de recherches de Montpellier ont rapidement établi un lien entre cette affaire et une autre enquête menée par la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, aboutissant à une information judiciaire en décembre 2025. Ce croisement d'enquêtes a mis en lumière une organisation complexe de blanchiment.
Des sociétés de BTP au cœur du système
Le système de blanchiment s'appuyait sur plusieurs entreprises dans le secteur du BTP, actives dans des localités comme Perpignan, Narbonne et Béziers. Bien qu'elles semblent avoir une activité légitime, ces sociétés étaient liées à des structures « taxi », gérées par des prête-noms, destinées à dissimuler l'origine des fonds. Ces entreprises émettaient également de fausses factures, permettant ainsi aux fauteurs de masquer la provenance de leurs revenus, souvent issus de trafics variés, de l'immobilier aux activités illégales.
Les sommes blanchiées ont été réinjectées dans l'immobilier ou transférées à l'étranger, ce qui souligne la sophistication et l'ampleur de ce réseau. Cette affaire, qui a suscité l'intérêt de nombreux médias, est le résultat d'efforts conjoints des autorités pour lutter contre le blanchiment d'argent et le narcotrafic. Elle a également convaincu les experts de la nécessité de renforcer la coopération inter-agences pour mieux détecter et prévenir de telles activités criminelles.







