Une affaire troublante a été portée devant le tribunal de Bourges, où une femme d'une soixantaine d'années est accusée d'avoir mis en place un système frauduleux pour siphonner plus de 150 000 euros des fonds d'Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Selon La Montagne, la prévenue aurait exploité sa position au sein du Conseil départemental du Cher pendant près de 14 ans, mettant ainsi en place de fausses « familles d'accueil » pour percevoir des aides destinées à des placements d'enfants.
Son stratagème lui aurait permis d'accumuler une somme colossale, mais les poursuites ne la concernent que pour les faits commis entre 2018 et 2024, touchant environ 158 000 euros. L’ancienne secrétaire, qui gérait une antenne de l'ASE, a été acculée par le tribunal à propos de ses actes, à la suite d'une enquête qui a mis en lumière cette fraude inquiétante.
Les détails sont ahurissants : dès 2010, confrontée à des problèmes financiers, la prévenue a commencé à créer ces familles fictives, augmentant de façon significative ses revenus mensuels à 2 200 euros supplémentaires, utilisés pour financer divers achats personnels, allant des bijoux de luxe aux vêtements. Elle a justifié ses actions en disant : "Il fallait que je dépense pour compenser mon mal-être".
L’avocat de la défense, Me Eugène Bangoura, a souligné le rôle du Département, insinuant qu’un contrôle minimal aurait pu empêcher cette escroquerie. "Le moindre coup de fil, surtout pour des enfants censés être placés, aurait révélé l'absence de familles réelles", a-t-il affirmé.
Les réquisitions de peine sont sévères : 5 000 euros d’amende et trois ans de prison avec sursis ont été demandés par le procureur. Le jugement sera rendu le 4 mars prochain, laissant en suspend une affaire qui soulève de nombreuses questions sur le contrôle des aides sociales en France.







