Une route isolée dans le Lot-et-Garonne, une reconstitution qui pourrait faire avancer l'enquête sur le meurtre tragique de Ghislaine Grivart de Kerstrat, survenu il y a plus de trois décennies. Ce mercredi 4 février, des enquêteurs de la section de recherches de gendarmerie ont procédé à des simulations sur le site où le corps sans vie de la jeune femme, âgée de 19 ans, a été trouvé le 2 juillet 1994.
Lors de ce reconstitution, l'accent a été mis sur de possibles zones d'ombre dans cette affaire complexe. En présence de la juge d’instruction Angélique Giscos, un mannequin a été utilisé pour reproduire les conditions dans lesquelles le corps a été abandonné, vraisemblablement après avoir été consumé par le temps, avec une ceinture retrouvée autour du cou de la victime.
Le frère du principal suspect, Éric Buret, a été présent, mais a choisi de ne pas participer à la reconstitution sur les conseils de son avocat, Me Laurence de Behr. L’enquête se concentre sur une question cruciale : Didier Buret, le meurtrier, qui s'est suicidé en prison en 2005, a-t-il agi seul ? Des soupçons pèsent sur la possibilité d'une complicité.
Des témoignages troublants
Un témoin a affirmé avoir vu Ghislaine monter dans un fourgon avec deux hommes avant sa disparition. L’enquête a révélé des lacunes, ayant mis plus de vingt ans à identifier le principal suspect grâce à des analyses ADN.
« Des interrogations demeurent concernant la présence d’un ou plusieurs ouvreurs de chemin », explique Me Édouard Martial, avocat de la partie civile. « La reconstitution vise à éclaircir les circonstances de la découverte du corps. »
Des scellés perdus, des avancées incertaines
Les avocats impliqués sont divisés quant à l'utilité de la reconstitution. Me Laurence de Behr déclare : « Cela n’apporte rien de nouveau sur la manifestation de la vérité. » Cependant, Me Martial reste optimiste, espérant que de nouvelles analyses ADN sur des preuves conservées pourront relancer l'enquête. Malheureusement, certains des scellés clés ont été perdus.
« Le chemin vers la justice est tortueux, mais nous pouvons encore espérer avancer, » conclut-il.







