Le 22 juin, une détenue de la maison d'arrêt de Pau a été mise en liberté avant même son jugement pour des charges de vol et de violences, en raison de l'absence d'escorte pour la transférer au tribunal de Bayonne. Cette situation n'est pas isolée : il s'agit de sa deuxième libération en moins de quatre semaines, provoquant des inquiétudes au sein du système judiciaire.
Initialement arrêtée le 19 juin après avoir tenté de voler et agressé un agent de sécurité dans un supermarché, la trentenaire devait comparaître en comparution immédiate. Cependant, un manque de personnel pénitentiaire a empêché son transfert, comme l'explique Mariel Garrigos, procureure de la République de Bayonne : "L'ARPEJ nous a informés qu'ils n'avaient pas assez de ressources humaines pour escorter cette femme."
Face à cette situation atypique, la détenue s'est vu proposer de comparaître par visio-conférence, mais elle a refusé cette option, un droit qui lui est accordé par la loi. Les demandes de renfort auprès de la police et de la gendarmerie ont également échoué, car là encore, des limitations de personnel ont été citées.
"Le tribunal n'a eu d'autre choix que de la remettre en liberté. Il ne peut pas décider de la maintenir en détention si elle n'a pas pu faire valoir ses arguments. Ce serait considéré comme une détention arbitraire," assure Mariel Garrigos.
Cette affaire met en lumière des failles préoccupantes dans le système judiciaire français, qui pourrait avoir besoin d'une réévaluation de ses ressources pour garantir que tous les citoyens, même ceux en détention, aient accès à un procès équitable. De plus, cela soulève des questions sur la gestion des transports des détenus et la capacité des institutions à faire face à leur charge de travail.







