L'affaire tragique des jumelles : une mère et sa mère jugées pour infanticide

Une affaire déchirante où une mère se retrouve face à la justice pour les vies de ses jumelles.
L'affaire tragique des jumelles : une mère et sa mère jugées pour infanticide
Le procès devrait s’achever ce vendredi. LP/ARNAUD JOURNOIS

Dans la nuit du 23 au 24 mai 2020, un appel des pompiers a révélé une scène tragique au domicile de Sabrina Boulsas et de sa mère, Zara Nacir. En alertant les secours sur une perte de sang importante sans mentionner la naissance de jumelles, la grand-mère a déclenché une enquête qui mettra en lumière une affaire de déni et de désespoir.

Poursuivie pour « fermement emmailloter » et dissimuler ses jumelles prématurées dans un sac de courses, Sabrina Boulsas, alors âgée de 20 ans, avoue avoir accouché seule, dans des conditions pénibles. Devant la cour d'assises de Côte d'Or à Dijon, elle a fait savoir que sa relation avec sa propre mère ne lui apportait aucun soutien. « Elle m’a tout mis sur le dos », a-t-elle affirmé, suscitant une tension visible entre les deux accusées durant le procès.

Zara Nacir, la coaccusée, a fermement contesté les accusations en disant : « Je n’ai pas voulu donner la mort à ces enfants. » Les deux femmes encourent la réclusion criminelle à perpétuité si elles sont reconnues coupables.

Le matin du drame, le personnel médical a trouvé, dans un sac en toile, le corps sans vie d'une des jumelles. La seconde était vivante mais pesait moins de 800 grammes, selon les rapports d'expertise médica. Des éléments révélés lors de l'enquête témoignent des conditions difficiles de l'accouchement, alimentées par la peur et le manque de soutien familial.

« J’ai perdu mes bébés », a déclaré la jeune mère, constatant l'incompréhension de sa mère face à la gravité de la situation. « Elle me disait de monter le son de la télé pour ne pas réveiller mon père », a-t-elle précisé, soulignant la pression familiale. La conception des jumelles, inattendue et non suivie médicalement, a plongé Sabrina dans un tourbillon de sentiments de honte et de désespoir, exacerbés par un cadre religieux rigide qui prohibait toute discussion sur la grossesse ou les relations avant le mariage.

La défense, menée par Me Chloé Bonnat, plaide la détresse absolue de la jeune femme, arguant qu'il n’y a pas eu d'infraction pénale. Cependant, l'avocate de la partie civile, Marie-Christine Klepping, souligne la préméditation dans la manière dont les enfants ont été traités. « Il y avait une volonté de s’en débarrasser », a-t-elle déclaré, ajoutant que ce drame résulte d'une dynamique familiale complexe et douloureuse.

Le procès, qui a débuté cette semaine, devrait s'achever vendredi, laissant à la fois des questions sur la responsabilité parentale et un appel à la réflexion sur les enjeux sociaux autour de la grossesse non désirée.

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