Le parquet de Blois a ouvert une enquête suite à un signalement de l’association Anticor, mettant en lumière des suspicions de prise illégale d’intérêts et de détournements de fonds publics au sein de la Fédération française d’équitation, dont le siège est à Lamotte-Beuvron. « Il n’y a pas de dossier », répond l’avocat du sélectionneur de l’équipe de France de dressage mis en cause.
Cette affaire vient s'inscrire dans un cadre plus large. Anticor a formulé ses allégations en avril 2025, révélant ainsi des soupçons de malversations au sein de la Fédération française d’équitation (FFE). Selon le quotidien L’Équipe, le rapport confidentiel de l’Agence française anticorruption (AFA), publié en 2024 sur la FFE, a été un moteur essentiel pour cette alerte, qui a été transmise au parquet de Blois. Le procureur de la République a simplement confirmé qu’une enquête préliminaire est en cours, dirigée par la section de recherches de l’Orléans.
Les gendarmes vont examiner de près la régularité des appels d’offres de 2018 et 2022, notamment en relation avec Jean Morel, ancien employé de la FFE et actuel entraîneur de l'équipe de France de dressage. À cette époque, il s’occupait des partenariats et dirige plusieurs sociétés, y compris Cheval TV.
Ces sociétés auraient perçu « 240.000 € » de la FFE pour des services de captation des images lors du Grand National FFE en 2020 et 2021. En outre, la FFE est critiquée pour une commande de 82.000 € passée à l’une de ces entreprises en 2021.
Anticor 41 soutient que ces pratiques pourraient être qualifiées de prise illégale d’intérêts. Néanmoins, l’avocat de Jean Morel, sollicité par La Nouvelle République, réfute ces accusations, affirmant que son client « n’avait pas le chéquier de la fédération » et qu’il n’avait pas de pouvoir décisionnel significatif à l’époque des faits. Me Richard Rondoux déclare également être choqué par la façon dont son client a été traité dans le cadre de cette enquête, affirmant que de tels allégations ont suscité des études de cas sans fondement et une stigmatisation sociale.
Recommandations et pièces
Selon l’avocat, il n’y a aucune preuve tangible de malversations, précisant que l’AFA n’a pas émis de signalement mais uniquement des recommandations. En effet, le rapport de l’AFA appelle la FFE à instaurer un système de détection des risques de corruption qui pourrait mettre en lumière des irrégularités potentielles.
« Les gendarmes ont simplement demandé des documents supplémentaires à la fédération pour assurer la conformité de leurs pratiques », affirme Me Richard Rondoux. Selon lui, la Fédération française d’équitation est prête à coopérer totalement avec les autorités d’enquête, comme l’a confirmé son service de communication.
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