Alors que les prix du carburant atteignent des sommets en Europe, le gouvernement espagnol, dirigé par Pedro Sánchez, a adopté une approche proactive pour protéger le pouvoir d'achat des Espagnols. En réduisant la TVA et en diminuant les taxes sur les hydrocarbures, Madrid réussit à offrir des tarifs bien plus compétitifs que les prix observés en France.
Depuis le 22 mars, face à la montée des coûts, le gouvernement espagnol a mis en œuvre des mesures significatives. La TVA sur les carburants a été abaissée de 21 % à 10 %, et les taxes spéciales ont également été allégées, avec une réduction de 11 centimes par litre pour l’essence et de 5 centimes pour le diesel. Ces décisions ont conduit à une baisse des prix à la pompe, estimée entre 30 et 40 centimes par litre. Actuellement, le prix du SP95-E10 est d'environ 1,55 euro à Madrid, contre plus de 2 euros en France pour un carburant similaire.
Les consommateurs espagnols ressentent peu l'impact de la crise mondiale. Javier Gómez, un commercial à Madrid, raconte : "Avant la crise, je faisais le plein pour 80 euros. Actuellement, je suis à 85 ou 90 euros. Cela reste presque indolore pour moi." De même, Lucía, infirmière de la banlieue de Madrid, souligne l’importance de cette réduction : "Le carburant représente 15 % de mon salaire. Cette baisse me soulage vraiment." Ces mesures bénéficieront à environ 20 millions de foyers, offrant ainsi une bouffée d'air frais dans un contexte économique difficile.
Un effort budgétaire assumé
Mais pourquoi une telle réaction de la part de Sánchez ? La réponse réside dans plusieurs facteurs. L'Espagne a une longue tradition d'interventionnisme dans le secteur énergétique, ayant précédemment instauré des mesures similaires lors de la crise de 2022 suite à l'invasion de l'Ukraine. De plus, le contexte politique est tendu. Gouvernant sans majorité stable depuis 2018, Sánchez doit être vigilant à l'égard de l'opinion publique, particulièrement à quelques mois des élections de 2027.
La société espagnole a exprimé son mécontentement face à divers problèmes, notamment la flambée des loyers dans les grandes villes, et la réduction des taxes sur les carburants permet d'apporter une réponse rapide à une crise sociale sourde. En outre, la décision de Madrid a eu des ramifications à travers le pays. Aux abords de la frontière, dans la province de Gérone, les stations service accueillent un nombre croissant de véhicules français, profitant de la différence de prix. Certains distributeurs constatent des ventes allant jusqu'à 40 % de plus grâce à l'afflux de clients venus de l'autre côté de la frontière.







