L'avenir des négociations entre l'Iran et les États-Unis s'assombrit alors qu'Islamabad se prépare à accueillir des discussions cruciales, prévues vendredi. L'incertitude entourant l'arrivée des représentants iraniens ajoute à la tension ambiante, exacerbée par les récentes accusations de Donald Trump. Ce dernier a affirmé que Téhéran ne respectait pas les termes de la paix.
La situation est encore compliquée par une escalade de violence au Liban, où les frappes israéliennes ont déjà fait plus de 300 morts. Celles-ci sont considérées comme les plus meurtrières depuis le début de ce conflit au Moyen-Orient, amorcé le 28 février par une action conjointe d'Israël et des États-Unis contre l'Iran. Cela a entraîné des pertes humaines dans toute la région, déplorées par plusieurs observateurs internationaux.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a exprimé que tout progrès dans les pourparlers dépend des États-Unis respectant les engagements de cessez-le-feu, notamment au Liban. « Le respect des engagements est une condition sine qua non », a-t-il déclaré, relayé par l'agence Isna.
Alors que le cessez-le-feu a été annoncé par Trump, le Pakistan, en tant que médiateur, avait promis une trêve applicable partout, incluant le Liban, promesse contestée par les États-Unis et Israël par la suite.
Islamabad, placée sous haute sécurité, a vu ses rues désertées à l'approche des négociations. Bien que les discussions soient prévues dans un établissement haut de gamme, aucune délégation n’a encore fait son apparition. Selon la Maison Blanche, la délégation américaine, dirigée par le vice-président JD Vance, pourrait arriver samedi.
Le climat autour de ces pourparlers est davantage assombri par les critiques de Trump, qui a qualifié l'Iran de faire un « vraiment mauvais boulot » en permettant le passage du pétrole par le détroit d'Ormuz. Cette artère maritime, cruciale pour le commerce mondial, a été presque complètement bloquée par Téhéran depuis le début de la guerre.
Malgré les reports, un pétrolier non-iranien a réussi à franchir le détroit jeudi, bien que le trafic reste largement perturbé. En Iran, les doutes se multiplient quant à l'envoi d’une délégation à Islamabad, Tasnim affirmant que les informations sur leur arrivée étaient infondées, rappelant que les pourparlers sont suspendus jusqu’à ce que les États-Unis respectent leur engagement.
Ce climat d'incertitude est renforcé par des avis de citoyens iraniens, comme Amir, artiste à Téhéran, qui doute de la viabilité de ces négociations. « Je ne pense pas que cet accord temporaire tienne plus d'une semaine », a-t-il observé. L'ONU et d'autres capitales ont également exprimé leurs préoccupations quant à la violence persistante au Liban, amplifiée par les actions du Hezbollah.
Des échanges de tirs ont encore eu lieu, Israël signalant des roquettes en provenance du Liban. Le Hezbollah a revendiqué des frappes réciproques, intensifiant les appels à un cessez-le-feu de la part de divers pays.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a ordonné des négociations directes avec le Liban, mais ce dernier insiste sur un cessez-le-feu avant toute discussion.
En parallèle, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a fermement rejeté toute limitation sur le programme d'enrichissement d'uranium, une exigence clé des États-Unis et d'Israël. Dans ce contexte, les marchés se montrent prudents, avec le prix du pétrole restant sous les 100 dollars le baril.







