Le 15 avril 2026 marque le triste anniversaire d'un conflit qui ravage le Soudan depuis trois ans. Les affrontements entre l’armée du général Abdel Fattah Al Burhane et les Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Dagalo, surnommé « Hemeti », ont créé une situation humanitaire catastrophique. À l'occasion de ce triste anniversaire, une conférence internationale à Berlin tente de relancer des pourparlers de paix et de mobiliser des fonds pour ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ».
Des pertes civiles considérables
Le bilan des pertes civiles est dramatique. Les organismes internationaux estiment que plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été tuées à cause des bombardements, des massacres, de la famine et des épidémies. Un rapport de l’ONU a noté qu'au cours des trois dernières années, près de 700 civils ont été tués par des frappes de drones, et plus de 11 000 personnes sont portées disparues selon le Comité international de la Croix-Rouge.
En raison de la guerre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 40 % de la population a besoin d’une assistance médicale d'urgence, alors que deux tiers des hôpitaux se trouvent hors service. Les établissements encore opérationnels sont débordés et les épidémies de dengue, choléra et paludisme se propagent rapidement.
Un un Soudan affamé
Parallèlement, la famine s'aggrave. Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une situation critique où près de 19 millions de personnes, soit deux Soudanais sur cinq, souffrent d'insécurité alimentaire aiguë, dont 6,3 millions en situation d'urgence. Avant la guerre, environ 38 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté ; ce chiffre a désormais grimpé à 70 %.
Les conflits continus, notamment dans le Darfour et le Kordofan, aggravent la faim. Les capacités de production alimentaire sont massivement réduites, et des épidémies touchent également le bétail, compromettant davantage la survie des populations.
Des violences inhumaines
Les rapports de l'ONU et d'ONG, tels que Médecins Sans Frontières (MSF), dévoilent des violences sexuelles généralisées, notamment dans le Darfour, où près de 4 000 cas de violences sexuelles ont été documentés entre janvier 2024 et novembre 2025. Les témoignages révèlent également une dimension ethnique dans ces attaques, ciblant systématiquement des communautés non arabes.
Un déplacement massif de populations
Environ 14 millions de personnes ont été contraintes de fuir depuis le début du conflit, avec 4,4 millions de réfugiés ayant traversé les frontières du Soudan pour se réfugier dans les pays voisins. La ville d'El-Fasher, notamment, a vu sa population grimper vertigineusement, atteignant jusqu'à 2 millions d'habitants.
Des besoins humanitaires alarmants
Près de 34 millions de personnes, soit environ deux tiers de la population, nécessitent une aide d’urgence. Cependant, les opérations humanitaires sont de plus en plus difficiles en raison des perturbations logistiques. L’ONU a lancé un appel à dons de 2,9 milliards de dollars pour 2026, mais n’a pour l’instant obtenu que 16 % de la somme nécessaire. La situation est désastreuse, avec 130 travailleurs humanitaires tués en 2025, et les Nations Unies évoquent désormais une « crise abandonnée ».







