Recherche militaire russe : des soldats utilisés comme cobayes pour les tests d'artillerie

Des tests sur des soldats révèlent les pratiques préoccupantes de la recherche militaire russe.
Recherche militaire russe : des soldats utilisés comme cobayes pour les tests d'artillerie
Un institut russe réalise des tests d’artillerie… sur des humains. MAXPPP - Dmytro Smolienko / Avalon

Des révélations choquantes sur les pratiques de la recherche militaire en Russie font surface grâce à une enquête menée par le média indépendant Proekt. Selon le rapport, l'Institut de recherche en médecine militaire (GNII VM), basé à Moscou, procède à des tests extrêmes sur des soldats, sous couvert du "secret d’État", afin de mesurer les effets des explosions d’artillerie sur le corps humain. Ce processus soulève des préoccupations éthiques majeures dans le secteur de la défense.

Établi depuis 2015, cet institut est le seul en Russie à avoir reçu l’autorisation officielle du ministère de la Défense pour effectuer des recherches impliquant des êtres humains. Cette dérogation lui permet de contourner les protocoles éthiques traditionnels, exploitant ainsi les corps des militaires comme de simples variables dans le but d’optimiser les capacités d’infiltration et de destruction de l'armée russe.

Des expériences chimiques et pharmacologiques

Durant ces tests, les chercheurs utilisent des capteurs placés sur les soldats afin de recueillir des données cruciales sur leur fréquence cardiaque et leur activité cérébrale au moment des explosions. Le but est de déterminer à quelle distance un soldat peut être rendu temporairement ou définitivement incapable de combattre après avoir été exposé à une explosion. L'institut est équipé d'un service hospitalier complet, ce qui permet des prélèvements sanguins et urinaires pour dépister d'éventuelles blessures internes.

Les investigations de Proekt vont encore plus loin, révélant que cet institut procède également à des expériences de type pharmacologique, y compris l'administration de substances dopantes aux militaires. De plus, il teste divers antidotes destinés à lutter contre des agents chimiques. En l'espace d'un an, plus de 300 observations de militaires ayant subi ces traitements ont été rapportées.

L'influence de l'institut s'étend bien au-delà des simples laboratoires. Selon Proekt, le directeur de l'établissement, Sergueï Tchepour, servirait en réalité de conseiller technique aux unités spécialisées dans les opérations de sabotage chimique. Ce faisant, l’institut joue un rôle central dans la formation des agents pour la manipulation de toxines et la validation de protocoles d'attaques chimiques, renforçant ainsi les capacités militaires russes au sein du GRU.

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