La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a prononcé, le 21 avril, un jugement décisif contre la loi hongroise de 2021 sur les contenus LGBT+, qualifiant celle-ci de violation des droits de l'Union européenne. Des organisations non gouvernementales, comme Amnesty International et le Comité Helsinki, ont applaudi cette décision, la qualifiant d'« historique ».
Le gouvernement de Viktor Orbán a été vivement critiqué pour son approche envers les personnes LGBT+. La loi, mise en avant par le régime, restreint l'accès à du contenu LGBT+ dans les médias, en arguant qu'elle vise à protéger les mineurs. Cet arrêt de la CJUE souligne que cette loi stigmatise et marginalise les personnes LGBT+, associant, par exemple, des identités de genre à des comportements criminels, ce qui, selon la cour, peut engendrer des comportements hostiles à leur égard.
Après des années de pouvoir incontesté, Orbán a récemment perdu les élections législatives du 12 avril, laissant place à un nouveau gouvernement dirigé par Péter Magyar. Ce dernier a, dès sa prise de fonction, promis une Hongrie inclusive, où « personne n’est stigmatisé pour aimer différemment ».
Un jugement salué comme « historique »
Les ONG hongroises ont conjointement félicité cette décision de la CJUE, affirmant qu'elle confirme que « la politique d’exclusion du gouvernement Orban n’a pas sa place au sein de l’UE ». Selon le communiqué, c'est la première fois que la CJUE reconnait une violation des valeurs communes de l'Union.
Bruxelles a également applaudi l'arrêt, insistant sur le fait que c’était désormais au gouvernement hongrois de mettre en œuvre cette décision. Ce cas illustre le bras-de-fer entre le gouvernement hongrois et l'UE, en matière de droits humains.
Interdictions sévères sur les contenus LGBT+
Au moins seize pays européens, incluant des puissances comme la France et l'Allemagne, ainsi que le Parlement européen, ont soutenu l'action en justice contre la Hongrie, la première de son genre concernant un État membre. La CJUE a été saisie en juillet 2022 par la Commission européenne.
En pratique, la loi hongroise impose des restrictions sévères, interdisant la diffusion de contenus LGBT+ dans les médias durant la journée et interdisant la vente de produits liés aux questions LGBT+ à proximité des écoles et églises. Certaines librairies ont été pénalisées pour avoir proposé des ouvrages incluant des personnages LGBT+ dans des sections destinées aux jeunes lecteurs, un point soulevé par l'ONG Reclaim. Orbán a, par ailleurs, tenté d'utiliser la défense des droits des enfants comme prétexte pour s'opposer à des marches de la fierté.







