C'est un tournant politique majeur pour la Corse. Gilles Simeoni, fraîchement élu maire de Bastia, a déclaré mardi soir sa démission de la présidence du conseil exécutif au sein de l'assemblée de Corse, ouvrant la voie à un vote pour son successeur prévu le 4 mai prochain.
En se retirant, Simeoni, véritable figure du paysage insulaire depuis une décennie, entraîne avec lui la démission de l'intégralité du conseil exécutif.
"Je cesserai ce soir à 23h59 mes fonctions de président du conseil exécutif de Corse," a-t-il affirmé, visiblement ému, lors de son allocution au sein de l'hémicycle de l'assemblée.
L'élu, en prenant cette décision, s'est engagé à ne pas cumuler ses nouveaux mandats, mettant en avant l'importance de la transparence politique.
Pour élire un nouveau conseil, une liste de 11 membres, dirigée par Gilles Giovannangeli, président de l'Agence de développement économique de la Corse (Adec), sera soumise au vote de l'assemblée le 4 mai, a précisé Simeoni à l'AFP.
"Si cette liste est adoptée, je resterai membre du conseil exécutif, m'occupant de l'autonomie ainsi que du suivi du processus parlementaire," a-t-il ajouté.
Cette nouvelle équipe, avec l'aval du parti autonomiste de Simeoni qui bénéficie d'une majorité absolue, comptera également Jean-Félix Acquaviva, conseiller exécutif et président de l'office des transports, malgré les controverses qui l'entourent.
Simeoni a dû faire face à des accusations graves à l'encontre d'Acquaviva, qui a été accusé d'avoir proposé des promotions en échange de faveurs. En réponse, Simeoni a souligné que ces accusations, pour l'instant anonymes, ne devraient pas influer sur les décisions politiques à venir.
Une enquête a été ouverte pour évaluer la véracité des allégations de corruption passives et de trafic d'influence, comme l'a indiqué le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre.
En attendant le vote, Bianca Fazi assumera l'intérim de la présidence.
Simeoni, élu maire de Bastia en 2014, avait su rassembler des soutiens variés, même au sein de la gauche et de la droite, amorçant ainsi un parcours politique significatif. Il a exprimé sa volonté d'œuvrer à "un souffle démocratique" pour une société corse souvent marquée par des tensions.
"Nous avons, je le crois, réussi à bâtir la paix, bien que de manière imparfaite," a-t-il déclaré, tout en rendant hommage à Gilles Giovannangeli, qu'il qualifie de "premier prisonnier politique corse" à briguer un tel poste, rappelant son passé pénitentiaire.







