Les répercussions des conflits au Moyen-Orient pèsent sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Alors que les entreprises agroalimentaires envisagent de rouvrir les négociations commerciales, le spectre d'une nouvelle augmentation des prix alimentaires se profile. Olivier Dauvers, expert reconnu dans le secteur, éclaire sur cette situation complexe pour La Dépêche du Midi.
Depuis près de deux mois, les tensions croissantes sur les prix de l’énergie ravivent les inquiétudes quant au pouvoir d’achat. Cette situation alarmante s'accompagne d'un désir croissant de renégociation des prix de la part des industriels, mettant encore une fois le consommateur au cœur des préoccupations économiques.
Olivier Dauvers indique que malgré cette hausse potentielle, les circonstances actuelles diffèrent largement de l'environnement économique de 2022. « Aujourd'hui, les matières premières et les salaires ne connaissent pas d'inflation significative. Par exemple, le prix du blé est au même niveau qu’au début du conflit », affirme-t-il.
La réelle inquiétude reste cependant l’énergie. « L'énergie impacte l'intégralité de la chaîne de production alimentaire, de la fabrication au transport en passant par l'emballage. Si les coûts augmentent, cela peut se traduire par des hausses de prix en magasin », précise l'expert. Néanmoins, il insiste sur le fait que cette seule variable ne pourra pas entraîner des augmentations aussi dramatiques que celles observées par le passé.
Interrogé sur les secteurs potentiellement plus touchés, Dauvers reste optimiste. « La hausse des prix sera généralisée, mais cela ne concerne pas seulement un produit en particulier. L'énergie affecte tous les secteurs », affirme-t-il, ajoutant que « certaines hausses peuvent être dues à des problèmes spécifiques de filières, comme cela a été le cas pour l'huile d'olive ou le cacao ». Le marché présente actuellement une inflation modérée, loin des pics de 2022.
Les industriels, soucieux de se prémunir contre l’incertitude persistante liée aux conflits, cherchent à transmettre leurs augmentations de coûts aux consommateurs. Ils espèrent ainsi éviter d'absorber ces frais supplémentaires sur leurs marges, malgré un rapport de force souvent déséquilibré qui les amène à demander plus pour obtenir moins.
Les consommateurs, malgré tout, doivent-ils craindre une hausse de leurs courses ? « Oui, il y a de fortes chances », admet Dauvers, indiquant que l’énergie, omniprésente, pourrait entraîner quelques augmentations sur divers produits de consommation courante. Cependant, il appelle à rester vigilant, « tant que d'autres facteurs ne connaissent pas de hausse, la situation demeure moins alarmante que celle de 2022 ».







