Alors qu'un cessez-le-feu a été instauré depuis près de trois semaines, les efforts pour relancer les pourparlers visant à établir une paix durable et à rouvrir le détroit d'Ormuz stagnent. La tension demeure palpable entre les deux camps, malgré les engagements de paix.
Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, a exprimé ses préoccupations concernant l'impasse actuelle, désignant les États-Unis comme responsables de l'échec des négociations. Lors d'une visite en Russie, il a rencontré le président Vladimir Poutine, qui lui a réaffirmé son soutien indéfectible.
Les discussions, qui avaient été amorcées il y a plus de deux semaines au Pakistan, sont confrontées à une forte résistance des deux parties, malgré la trêve en cours. La guerre au Moyen-Orient, déclenchée par une offensive conjointe des États-Unis et d'Israël le 28 février, a causé des milliers de pertes humaines, principalement en Iran et au Liban, et a profondément impacté l'économie mondiale.
Araghchi a souligné que « les exigences excessives » formulées par Washington avaient entravé le précédent cycle de négociations, sur lequel il y avait pourtant eu quelques avancées. L'assurance d'un Iran stable et résilient a été mise en avant lors de ses échanges avec Poutine, déclarant que la République islamique fait preuve de force face à la situation.
La Russie au soutien de l'Iran
Le président Poutine a promis que la Russie mettrait tout en œuvre pour accélérer l'instauration de la paix dans la région. Il a également évoqué le soutien stratégique continu de Moscou à Téhéran, saluant le courage du peuple iranien dans sa quête d'indépendance.
Du côté américain, le président Donald Trump a convoqué ses conseillers à la sécurité pour discuter d'une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et à mettre fin aux hostilités, tout en reportant les négociations sur le dossier nucléaire, selon le site Axios.
Téhéran exige des garanties
Téhéran a formulé des demandes de « garanties crédibles » pour assurer sa sécurité dans le Golfe, ainsi que le respect intégral de ses droits souverains. Amir Saeid Iravani, l'ambassadeur iranien aux Nations unies, a fait entendre la voix de Téhéran lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU dédiée à la sécurité maritime.
Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française, a exhorté l'Iran à faire des « concessions cruciales » et à opérer un véritable changement de posture, afin de favoriser une « solution durable » à cette crise mondiale. Avant le début des hostilités, près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial transitaient par le détroit d'Ormuz, actuellement soumis à des blocages de la part de l'Iran et des États-Unis, exacerbant les effets sur l'économie mondiale.
Le plan de l'Iran à Ormuz, excluant Israël
Parallèlement, le Parlement iranien envisage une loi plaçant le détroit sous contrôle militaire, interdisant le passage des navires israéliens et imposant des droits de passage payables en rials iraniens, a rapporté Ebrahim Azizi, responsable de la commission de la Sécurité nationale. Cette initiative suscite des inquiétudes quant aux nouveaux enjeux d'une voie maritime stratégique.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a dénoncé ces mesures, affirmant qu'il est inacceptable pour l'Iran de tenter d'imposer un contrôle sur une voie maritime internationale. Arsenio Dominguez, chef de l'agence maritime de l'ONU, a également tenu à rappeler qu'aucune base légale n'autorise une telle intervention sur des détroits d'importance pour la navigation mondiale.







