Une cour d'appel fédérale aux États-Unis a pris, le 1er mai, une décision temporaire suspendant la distribution par voie postale de la mifépristone, la pilule abortive la plus prescrite dans le pays. Cette mesure a été adoptée en réponse à une requête de l'État de Louisiane, qui dispose de l'une des législations les plus restrictives en matière d'avortement.
La contestation concerne la décision de l'Agence américaine des médicaments (FDA) parue en 2023, qui avait levé l'obligation pour les patientes de récupérer la mifépristone en personne. Les autorités de Louisiane avancent des risques pour la santé, bien que la communauté scientifique considère ces inquiétudes non fondées. La cour d'appel va à l'encontre d'un jugement d'un tribunal de première instance qui avait récemment accordé un délai de six mois à la FDA pour évaluer la sécurité du médicament.
Des ONG dénoncent la décision
Depuis la décision historique de la Cour suprême de juin 2022, qui a abrogé la protection fédérale du droit à l'avortement, une vingtaine d'États ont restreint ou interdit l'IVG, que ce soit par voie médicamenteuse ou chirurgicale. La décision de la cour d'appel accentue ces restrictions, alors que plus d'un quart des avortements se pratiquent actuellement via la télémédecine, selon les statistiques d'organisations spécialisées.
Danco Laboratories, distributeur de la mifépristone, a annoncé son intention de saisir la Cour suprême pour obtenir un sursis temporaire. Dans un document déposé au tribunal, la société a décrit cette mesure comme "sans précédent", ajoutant qu'elle provoquera "un chaos immédiat" pour les pharmacies et les patientes.
La présidente de l'ONG Center for Reproductive Rights, Nancy Northup, a souligné que la télémédecine représente souvent la seule option pour de nombreuses femmes. Elle a exprimé son inquiétude : "Pour un grand nombre de femmes, en particulier celles vivant dans des zones rurales ou subissant de la violence domestique, perdre l'accès à la télémédecine signifiera un accès réduit à ce traitement vital." De son côté, l'ACLU a également tiré la sonnette d'alarme sur les conséquences désastreuses de cette décision pour les droits civiques.







